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08 octobre 2012

Claudy va voter socialiste en 2012


Vous ne connaissez pas Claudy. Mais on en connaît tous un. Notez il aurait pu s'appeler Marco, Fernand ou Khalid. Mais les gens ont assez de tares sans qu'on les affuble des préjugés qu'on nous bourre dans le crâne.

Claudy va voter socialiste en 2012.
Ca c'est de l'info. Pas assez pour faire la une du Soir mais le rédac-chef m'a demandé des témoignages.
Oui je sais moi aussi je m'en fous de qui vote pour qui.
Le rédac-chef aussi. Pas sûr qu'il aime mon papier pourtant, je vais encore ramasser.


Une info anodine mais derrière le rideau un truc qu'on regrette vite d'avoir vu.
Un peu comme quand tu grattes un bouton et qu'il y a du pus. Mouais, pas frais, on en prend une autre.
Ou un peu comme quand tu cueilles des tomates. J'aime bien ça les tomates; je les coupe en dés, une cuillère de mayonnaise, un lichette de vinaigre, un peu de ciboulette, sel, poivre noir, même les gosses adorent.
C'est bon les tomates; c'est rouge, c'est sain, mais quand on les cueille on a les mains qui puent...
Et bien Claudy quand il reposera son crayon rouge après avoir rempli de rouge un rond dans un carré sur le bulletin de vote de la liste rouge, il aura aussi les mains qui puent.

Claudy il s'en fout de la politique. Il déteste en fait même. Vous devriez le voir Claudy, avec sa tronche.
Quand je l'ai vu la première fois j'étais pas à l'aise. Une gueule burinée, toute en angles, un nez pincé, des yeux perçants un brin chafouins, un peau brune ridée comme le cul d'une vieille de 90 berges. Il a 50 ans.
Il tire sur le mégot d'une roulée main Rizzla et Ajja 17 qu'il tient avec la braise à l'intérieur de la main, habitué à fumer au grand air.
Il ne te regarde pas il te soupèse. Tu passes à deux doigts de la mandale et son haussement de sourcil te dit juste que tu n'en vaux pas la peine.

Il n'aime pas trop son boulot qu'il me dit. Il est ouvrier communal.
Le pire dit-il c'est son chef. Un vicelard son chef.
Il ne le dit pas tel quel mais les quelques mots qu'il renvoie quand je pose mes questions sont sans appel.
Le chef, il a eu son poste après avoir épousé la cousine par alliance du bourgmestre. Un petit gras qui sue tout le temps. Pas le bourgmestre. Enfin, si, le bourgmestre est gras aussi mais c'est pas pareil.
Le stress que ça doit être, pour le chef. Il n'en touche pas une et il le sait. Mais il sait qu'on le sait aussi et ça le stresse, ça l'aigrit. A cause de ça les horaires sont durs. Pour prouver que c'est lui le chef.

Il aimerait bien changer de boulot Claudy mais il n'a pas son certificat. L'enseignement obligatoire quand on lui en parle il sourit jaune. Ses dents sont jaunes aussi, forcément vu la merde qu'il fume... mais le rictus sent la rancoeur. C'est pas sa faute à Claudy si son père lui rendait pas la vie facile. Alors à l'école on l'a mis en professionnel. Un cas difficile qu'il disait le préfet. Une graine de délinquant. Mais quand il a pu il a quitté. Trouvé des boulots saisonniers puis il est rentré manoeuvre à la commune. Via un ami.

Et depuis il est piégé. Ho le boulot ça va encore mais c'est les à-côtés... Ca ne le gêne pas trop d'aller coller les affiches pour le bourgmestre pendant les campagnes. Mais depuis quelques années les horaires sont pénibles parce qu'on ne peut plus sur-coller les autres alors il faut sortir aussi la nuit "pour pas que ça se voie"
Et puis maintenant il faut prendre congé pour coller. "Y'a eu un procès ou quoi. Ce serait mal d'utiliser les fonds publics pour sa campagne au bourgmestre." Qu'il dit Claudy.
Il n'était pas trop chaud pour prendre ses congés parce qu'il n'en a pas beaucoup mais on lui a fait comprendre qu'il fallait pas trop hésiter.

Une fois habitué à l'odeur rance de la sueur à la Cara pils et à l'odeur de goudron qui s'émane du camion de la commune je pourrais même m'attacher à cette gueule.

Il avait des idées pourtant qu'il dit. Il aurait bien démarré une entreprise de construction avec son beau-frère qui avait un peu de côté. Il aime bien maçonner.
Mais c'est passé. Créer sa boîte c'est pas un truc qu'on apprend à l'école. Et il a pas fini de toute façon.
Il venait d'avoir la petite et prendre des risques c'était pas le moment.
Puis c'est mal vu. C'est pour les riches. Les riches il n'a pas trop confiance.
Il n'en connaît pas beaucoup des riches mais une fois il a eu des problèmes. Son propriétaire qui ne voulait pas payer les réparations dans la maison qu'il louait avec sa femme. Il roulait en mercedes pourtant le type.

Je lui paie un bière et une frite à midi. Normalement ils mangent sur le chantier mais comme je suis là on sent qu'il y a une tension. On marche sur des oeufs et pas sûr qu'on aime l'odeur s'ils cassent.
"Le journalisss" qu'ils m'appellent. Un hochement de tête de son chef et on décolle.
Il est toujours sur ses gardes. Il lui en faudra plus pour me faire confiance. Après deux-trois Jup et une mitraillette andalouse il me demande sur quoi est mon papier.

"Sur les gens qui votent socialiste" je dis.
"Comment je sais qu'il vote socialiste? C'est pas secret? Et y'a quelqu'un que ça intéresse à part son chef?"
"On a sonné à la commune, demandé qui se proposait pour aller coller les affiches."

Se proposer. Il voit. Il s'excuse pas. Ses épaules s'abaissent un peu.

Il me raconte Julia. Elle est à l'école sa petite. La grande école. Elle étudie. Comptable qu'elle va devenir. Ca coûte cher aussi.

Changer de boulot il peut pas se permettre, patron non plus, et le chômage ce serait la mort.
Il a peur. Peur que comme pour lui l'école ne serve à rien à Julia. Ne soit pas qualifiante. Ne lui donne pas de boulot. 20 ans qu'elle a. Elle rêve qu'il dit. D'une jolie maison, d'un travail.
Peut-être que s'il demande le bourgmestre lui trouvera un petit quelque chose.

Il me raconte son frère qui a fait les grèves des métallos. Qui s'est retrouvé au chômage. Que le chômage c'est un piège. Qu'on n'en sort jamais. Que c'est fait exprès. Comme ça on peut lui dire ce qu'il doit faire. Son frère s'en est pas sorti en tout cas. Sa femme l'a quitté pour un type qui servait au café de la gare. Il s'est barré aussi mais elle n'est pas revenue.
C'est pas facile seul avec tous ces prix qui augmentent.
Il est remonté son frère! Ha faut l'entendre!
T'as vu la tour Mittal à Londres? 18 millions ! Au lieu de sauver les hauts fourneaux de Seraing !
Je ne lui dis pas que la Région a donné 700 Millions de certificats verts à Mittal. Que cette subvention c'est 2 ans de salaire par emploi direct et indirect. Qu'avec ce pognon on aurait pu redéployer le bassin.
Qu'on aurait du le faire depuis 1973 et le choc pétrolier. Ou depuis 1962 quand les flamands ont créé Sidmar. On le savait que l'accès à la mer les rendrait plus compétitifs que nous mais on a continué à subventionner.
Un goût de bile en bouche...
Malgré la Jup.
Subventionner.
Pour rendre redevables plein de Claudy.

Je lui tends la main à Claudy.
A sa gueule de lame de couteau.
A sa main qui pue la victime et le clientélisme. Une main qui a souvent du faire le coup de poing.
La petite main du parti... Je ne la vois plus comme ça pourtant.

Il la prend. Il me dit que je suis pas comme les autres.
Je ne lui dis pas que lui bien.

Claudy va voter socialiste en 2012. Comme chaque fois. Comme plein de petites mains du parti. Des mains qui puent la peur.


(texte initialement publié pour le projet Ultra-Gonzo 2.0)












20 juin 2012

Ecolo, saborde toi !



L'écologie. Un mal qui répand la terreur. Mal que le ciel en sa fureur... Wesh non, c'est la pollution ça.
On nous dit qu'elle est partout et ce n'est pas faux. Une nouvelle peste qui empoisonne notre présent.
Et ne parlons même pas de notre futur. La planète souffre. De plus en plus de masses d'eau sont polluées. L'air lui-même est nocif dans beaucoup de mégapoles et même en dehors. Le réchauffement par effet de serre reste une inquiétude fondamentale. La possibilité de nourrir l'ensemble de la population, les destruction de forêts, les giga-cultures en Afrique et Amérique du sud, les sujets sont légion. Ils ne nous pardonneront pas.  Ils ne nous oublieront pas. 

Face à ces craintes est né le mouvement écologiste, dont le présence se traduit souvent par l'existence de partis éponymes. Ecolo, Groen, les verts (ils ne sont pas top originaux dans leurs patronymes, ok... )

A ce stade de la conscientisation, il m'apparaît que les avancées écologistes se font trop lentement. Il faut accélérer la cadence.

Et pour ce faire, je plaide pour que ces partis se dissolvent.

Leur présence est un frein à l'adoption de réformes réellement écologiques.
Pour plusieurs raisons.

Tout petit tout petit la planète

Ils n'ont pas réussi à devenir des partis généralistes.
Ecolo, en Belgique comme ailleurs, recueille des scores proches des partis confessionnels. Et c'est un signe.

L'écologie fait figure de profession de foi. Ses adeptes, convaincus, percent peu parmi les électorats qui veulent une politique plus fine, plus adaptées à toutes les réalités.
Un exemple est leur politique en matière de mobilité qui se résume plus ou moins à "sus à l'auto, haro sur l'automobiliste".
Si au passage on asphyxie l'activité économique des villes, ils s'en foutent et te répondent "les gens n'ont qu'à s'adapter. Si je roule en vélo tout le monde peut le faire". 

Car tout persuadé de sa vertu éminemment plus grande que celle du non pratiquant, l'écologiste méprise un peu parfois l'usager moyen...
Leur faire comprendre qu'il faut d'abord mettre en place des services alternatifs de mobilité puis, quand ceux ci sont installés, inciter les gens à les utiliser, est une notion bien difficile à faire passer.
Parce que le sentiment l'emporte sur la raison.

Pour cette raison, le programme économique d'écolo est donc une gageure.

Alibi-bi-bi j'en suis baba

Ils ne peuvent non plus prétendre rêver d'être un jour un parti leader de coalition et cela amène le défaut suivant :
Ils servent d'alibi aux autres partis qui n'adoptent que timidement les enjeux écologique.
La présence des verts au gouvernement se fait sentir par l'ajout d'un adjectif sur un plan marchal, par la nomination de ministres, et par des prises de position saupoudrées et mâtinées d'interventionnisme talibanesque vert.
Les partis traditionnels peuvent se contenter d'ignorer largement le sujet, en reprenant à leur compte l'une ou l'autre proposition plutôt timide qui leur donnera bonne conscience et l'image qu'ils cherchent. 
Sans convictions, ces réformettes n'apportent pas beaucoup d'eau propre au moulin de la sauvegarde de l'environnement. Elle retardent les vraies actions. 

Trop is te veel

En conséquence et sans s'en apercevoir, ils radicalisent contre l'écologie par leurs errances et prises de positions extrémistes.
On ne compte plus les sorties d'Henry qui crispent l'opinion et sont souvent prises en dépit du bons sens sur le plan de l'évolution de la société, même si elles adressent au passage un point écologique pertinent. 

Le parc éolion de Tinlot, les noyaux d'habitat, le tracé du Tram de liège, autant de points dont l'éclairage vert fausse une prise de position prise aussi bien à l'avantage des populations concernées que des enjeux écologiques.
Citons aussi même en vrac les écotaxes, une sortie non contrôlée du nucléaire, la rage taxatoire automobile des derniers accords, les discours culpabilisants...
Et que dire des milliards (2,5) prélevés dans la poche du citoyen pour payer les certificats verts du photo-voltaïque. On prend dans la poche de tous, dont les plus pauvres, pour financer le train de vie de ceux qui ont su se payer des panneaux. Et sans doute un milliard et demi pour l'éolien. Si ça c'est un idéal politique...
Ou encore les 700 millions d'euro de certificats co2 offerts à Mittal. On a vu le bien que cela faisait.

C'est pourquoi j'appelle Ecolo à cesser les frais.
Qu'ils se dissolvent.

Qu'ils rejoignent tous les formations politiques qui se rapprochent le plus de leur crédo et qu'ils les noyautent de l'intérieur pour faire percoler l'idéal écologiste dans tous les appareils.
Que l'écologie soit écoutée à l'intérieur de chaque parti, non comme une touche exogène qu'on rajoute sur le tard mais comme partie prenante d'une réflexion qui se frotte aux réalités sociales, urbanistiques, économiques.
Si l'écologie refuse ces confrontations elle restera une utopie !
Qu'elle soit pervasive et non le maigre dernier volet d'une négociation et quelques pâles victoires arrachées pour faire survivre un appareil particratique.

Ils sont majoritairement de gauche? Cela tombe bien, le paysage politique wallon aussi.
Et qui ne voyait pas Javaux au cdh? Deleuze au PTB? Henry au MR?

Cela faciliterait la création de coalitions, défragmenterait la gauche et entrainerait une diminution de l'argent reversé aux partis, ce qui devrait aller dans le sens de leur amour de la bonne gouvernance et de la bonne utilisation des deniers publics.
Et ça enlèverait ces soupçons qui disent qu'écolo est devenu un parti comme les autres, plus préoccupé de sa survie et de celle de ses mandats, que du bien commun.

Cela sauverait l'écologisme politique, et peut-être la planète.

Mesdames, Messieurs, Seppuku.

















26 avril 2012

Fumer nuit gravement à la démocratie. (à peu près)


Petite étude de toxicité politique du droit de vote.
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Il est des produits qui ne sont nocifs que quand l'on s'en sert. Le tabac est de ceux là. Sa dangerosité lui vaut de percutants carrés en noir et blanc, criant au visage du fumeur que le tabac l'abat.

Le vote extrémiste aussi. © moi
Le vote ne rentre pas dans cette catégorie.
Le droit de vote n'est dangereux que quand l'on ne s'en sert pas.
S'abstenir c'est laisser les autres trancher à votre place. C'est marquer son accord avec le résultat final, quel qu'il soit. On s'en remet à la majorité des votants. On délègue. On perd le droit à la parole.

Exprimer sa voix au suffrage universel. Des générations de nos ancêtres sont mortes pour ce droit que nous galvaudons. Je ne veux pas vous culpabiliser mais rappeler que refuser d'utiliser son bulletin de vote c'est s'asservir de nouveau. S'inféoder.

Si l'on veut marquer son ras-le-bol on peut voter pour l'opposition, voter blanc ou nul mais pas s'abstenir.

L'abstention profite principalement aux extrémistes.
Eux ne s'abstiennent jamais. Ils sont motivés. Convaincus. 100% des extrémistes votent. Chaque abstention augmente le poids relatif de leurs idées.

100 votants inscrits. 10% d'extrémistes. Si 30% des votants s'abstiennent, les extrémistes rafleront 14% des voix. C'est mathématique. Et je parle bien de rafle. De prise en otage.
Ils sont sur-représentés.

Malheureusement.
Parce qu'à cause de leurs idées, le droit de vote devient dangereux quand l'on s'en sert.

C'est pourquoi je voudrais que soit inscrit sur chaque bulletin de vote, en lettres capitales sur fond blanc avec un encadré noir que "Le vote extrémiste nuit gravement à la démocratie".

Car à lire pas mal d'observateurs, se tourner vers l'extrême droite serait devenu légitime du moment que l'on est déçu, inquiet ou non entendu... Le cordon sanitaire se brise !

Les idées nauséabondes de rejet de l'autre, de différenciations et d'échelles de valeurs en fonction de la nationalité ou de l'appartenance à tel ou tel groupe sont en train de s'insinuer de nouveau dans les esprits.

Ce vote n'est pas légitime. 

Même si le rejet politique à la base du vote d'extrême droite est légitime, la solution choisie ne l'est pas.

Il n'est jamais légitime de voter pour le rejet de l'autre.
La démocratie ce n'est pas une majorité qui retire ses droits à une minorité, fut-elle allochtone. C'est une majorité qui protège les droits de tous.

Il compte.

La deuxième excuse serait que l'on vote pour eux sans vraiment faire partie de leur électorat.
Je vote pour un extrémiste mais je n'en suis pas un.

Soyons clairs.

Quelqu'un qui apporte ce type de réponse aux problèmes politiques que nous rencontrons EST un extrémiste. Il l'est devenu.
Par son vote et par définition.
Il est désormais un électeur qui va chercher une réponse à l'extrême spectre (brrr) de l'éventail politique.
Une réponse liberticide. Une réponse qui prône la peine de mort.

Qu'il soit aussi raciste c'est autre chose.
Mais dire qu'un vote extrémiste ne l'est pas vraiment... mon oeil.
Il suffit pour s'en persuader d'écouter la volonté derrière ce vote "d'y aller fort"; "On va voir ce qu'on va voir"; "si ça ça ne les fait pas bouger" et autres "tous pourris de toute façon" etc...
L'étape d'après c'est mettre une bombe?

Il pourrit le débat. 

Loin d'apporter un vent frais sur les sujet abordés le vote extrémiste détourne l'attention des enjeux majeurs.
Le halal comme sujet d'une élection présidentielle? Sérieusement? En pleine crise économique?
Les partis traditionnels qui chassent sur les terres de ces baronies du populisme et de la promesse facile? C'est cela que l'on veut lire?



Quand à traiter ces électeurs de parias, ce qu'on nous met en garde de faire, pour ne pas les brusquer, ces pauvres petites choses frêles qui tentent de se protéger derrière les vigiles en noir ; ils le méritent.

Ce sont eux qui, en démissionnant de la vie politique quotidienne et en laissant faire les appareils politiques sans participer, perpétuent l'immobilisme et compliquent la solution par leur vote.



Il est urgent de former les jeunes et les moins jeunes. De ré-impliquer les gens en politique.
D'expliquer les enjeux. Sinon les 20% en france c'est demain qu'on les dépasse. Le civisme c'est une culture. Elle se travaille.

Il est urgent aussi que les partis se recentrent sur les gens.
Qu'il cessent de ratisser en un gloubi-boulga de raccourcis ineptes et, plutôt que de s'écouter, qu'ils écoutent la société civile.
Qu'ils se réforment également; ils ne sont plus que l'ombre des porte-étendards de nos combats passés! S'ils ne faisaient la sourde oreille l'électeur ne sentirait pas le besoin de crier aussi fort que Marine pour se faire entendre.
Parce que c'est en participant au débat démocratique que nous sortirons nos pays de l'ornière, pas en criant avec les pit-bulls.

Engagez-vous, exprimez votre ras-le-bol là où c'est productif, pas en votant pour des slogans faciles et des promesses utopistes.
Faites adapter les programmes, faites vivre les idées.
Faites changer les partis de l'intérieur. C'est aussi cela le jeu démocratique.


Car ce vote la, toi aussi il t'abat.


19 janvier 2012

Une démocratie qui meurt

Il existe un pays où les droits de chacun ne sont plus garantis.

Vous allez me dire qu'il y en a beaucoup de pays comme celui la. Certes. Trop.
Mais ce pays est en Europe.

Je ne sais si vous allez le reconnaître.

Dans ce pays l'état confisque près de 60% de vos revenus pour financer des politiques soi-disant solidaires... Oui vous l'avez deviné, cet argent n'est ni redistribué au mieux, ni géré efficacement.
Bien sûr il y a des scandales, du gaspillage mais voilà.

Dans ce pays les agents du fisc peuvent désormais mener des perquisitions sans passer par un juge. Oui je sais c'est la porte ouverte à l'arbitraire. Mais des élus ont voté cette loi. 

Dans ce pays on crée des règles fiscales rétro-actives. La sécurité financière de votre ménage n'est donc pas assurée. Vous comptiez sur telle déductibilité pour une dépense de rénovation? Ha ben on la supprime. Vous avez accepté une voiture de société? Merci de donner 150€ de plus par mois à l'état.
Vous avez installé des panneaux solaires? Bonne chance.

Ce pays a aussi une vision bien particulière de la démocratie. D'année en année les mêmes politiciens occupent les mêmes postes. Vous votez pour tel parti? Via des clefs de répartition, des cases de tête, des apparentements, des suppléances, des désistements... le parti s'arrange.

Il faut dire que le scrutin y est proportionnel. Les quelques grands partis s'accordent donc entre eux en une sorte de cartel géant et se distribuent les sièges au prorata.
Leurs programmes sont alors combinés en un melting-pot infâme sans réelle cohérence, vision ni stratégie. Chacun tente juste de ménager un peu son électorat qui est malgré tout le grand perdant. On ne soigne pas un pays malade avec des mesurettes d'un peu de tout. Si l'image du cartel vous semble tirée par les cheveux, que sont les accords pré-électoraux sinon une entente entre partis pour s'approprier le résultat des élections?

Ces partis une fois au pouvoir noyautent alors les administrations et sociétés publiques, ainsi que les grandes sociétés privées dans lesquelles l'état garde une participation.
Bien entendu ces mandats sont souvent rétribués et ces salaires s'ajoutent au salaire déjà non négligeable d'élu du peuple. Elus du peuple qui gagnent ainsi souvent plus de dix fois le salaire moyen.

Et cela mène à un système mafieux où l'accès au logement social dépend de copinages. Où les marchés "publics" sont taillés sur mesure pour tel soumissionnaire.
Ho bien sûr de temps en temps un juge pince un des maladroits qui ne se cache pas assez bien. Les partis fustigent ces brebis galeuses qui ont commis le péché à l'insu du plein gré du parti. Des "parvenus" devenus infréquentables... jusqu'au scrutin suivant.

En économie quand on se rend compte de l'existence d'un cartel, d'une entente sur les prix ou les procédés de fabrication, on pénalise les coupables. On démantèle, on donne des amendes. Mais pas ici, c'est la "démocratie". Les gens ont voté. Et comme ceux qui en profitent sont ceux qui votent les lois...

Sans alternance les partis ne se contrôlent pas les uns les autres. Et ils ne laissent personne les contrôler.

Vous êtes étonnés? Vous vous demandez comment c'est possible? Ce n'est malheureusement pas tout.
Dans ce pays le droit de grève des uns prime sur le droit au travail des autres. Un juge l'a même confirmé récemment. Quelqu'un qui se met en grève en signe de protestation contre son employeur ou le gouvernement peut en plus t'empêcher légalement de gagner ta vie.

Dans ce pays le droit à l'éducation et à une formation est dévoyé de manière particulièrement vicieuse.
Pour officiellement "lutter contre l'échec" on nivelle les programmes par le bas. Et de fait il y a un peu moins d'échec. Que ceux qui sortent ne sachent plus écrire est un problème visiblement moins important que la statistique...

Ces études dont nous parlons n'amènent pas non plus à un emploi. Ho vous me direz que c'est normal; "C'est la crise". Mais les cinquante mille postes ouverts ne trouvent pas preneur parmi les trois cent mille chômeurs. Inadéquation de l'offre et de la demande... C'est bête.
On sait également qu'il faudrait plus d'entrepreneurs, que les gens créent leur emploi, que le moteur ce sont les PME, mais on forme des employés à la place. C'est ballot.

Je pourrais continuer longtemps dans ces exemples mais j'arrêterai sur celui-ci:
Dans ce pays, selon l'endroit où vous habitez, vous ne pouvez pas vous adresser au juge ou à l'administration dans votre langue, qui est pourtant une des trois langues nationales. Les minorités n'y sont pas protégées comme l'exige une directive européenne non encore ratifiée. Vous devez demander à un interprète de vous expliquer ce que vous dit le juge. Comme dans les films de Série B ou le héros est victime d'une procédure arbitraire. Nous avons une démocratie de série B.

Ce pays c'est un pays malade de son ex démocratie. Un pays qui meurt. Si si, il meurt. On en discerne les signes. Arbitraire, confiscation des biens et du pouvoir, détournement des règles, abus contre les personnes...

Une démocratie qui meurt c'est un pays où les habitants perdent leurs droits... comme en Belgique.



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Cet article a été publié dans la revue Contrepoints sous le titre "Aujourd'hui c'est la démocratie qui meurt.".
Contrepoints.org est un pure player de l’information en ligne qui couvre l’actualité, française, belge et internationale sous un angle libéral.

02 janvier 2012

Pourquoi NE SURTOUT PAS voter socialiste en 2012?

Une vraie question, qui me tarabuste depuis longtemps.
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Le 27 mai 2010, alors qu'une campagne électorale fédérale assez dure sur le ton mais horriblement morne sur le fond battait son plein en Belgique je demandais à mes amis Facebook de m'expliquer pourquoi ils votaient PS.

Je leur posais la question en ces termes :

Un truc qu'ils ne font plus et un qu'ils font. Dans l'ordre.
Allez, une question me tarabuste. Honnêtement. Quand on vote PS, pourquoi le fait on ? Et pas de poncifs du genre "parce que je suis de gauche" ou "parce qu'untel est chouette", du fond, du pratique... Expliquez moi, je suis vraiment demandeur et je respecte toutes les opinions, même si je ne les partage pas.

Je ne trollais pas. La question était sincère. Je me la pose toujours. Car malgré mes efforts je n'ai pas encore trouvé un argument porteur qui défendrait ce vote là. Or statistiquement 1 de mes amis sur 3 le pratique. Et j'aime beaucoup mes amis. Et les comprendre. Ma question a suscité 159 réponses. Riches, mais peu de monde répondait vraiment à ma demande, on accusait plutôt l'autre camp.

La droite va enlever la protection sociale.
(j'aimerais quand même bien qu'on me montre ça dans un programme du MR tiens...)
Le PS protège les pauvres.
(il essaie surtout de bien les garder pauvres et dépendants si on me demande mon avis)
On a besoin de solidarité.
(mais la solidarité n'est-ce pas justement un avenir pour tous? sans endetter plus le pays?)
La droite ne protège que les patrons.
(dites ça au syndicat libéral tiens, et expliquez moi aussi comment on crée de l'emploi sans patrons)
La droite c'est pour les riches.
(ben oui c'est connu on est plein de riches en Belgique, super plein. On pète dans le pognon)

Suite à ma question on m'a aussi envoyé un texte, pondu par le frère d'un politique, qui exhortait à voter PS.
Je voudrais bien vous le partager mais je ne suis pas sûr que sa demande de le diffuser au plus grand nombre rende son écrit public.
Il n'est pas lui-même un cadre du parti à la rose mais sa rhétorique mâtinée de peur, de repli et de dénonciation libérale suit un refrain trop souvent entendu. Je vous passe le couplet sur la défense des "affaires" aussi.

Ma réponse à son courrier suit.

Parce que je voudrais relancer le débat. Car oui, je veux comprendre comment en Belgique en 2010 ou en 2012, on décide encore de voter PS... Socialiste à la limite, mais ce PS là... Mes arguments à moi de l'époque, je vous les livre ci-dessous. Bruts avec dedans mon insouciance et l'actualité d'il y a quasi deux ans.
Démontez les, démontez moi, qu'on avance...

Et surtout, lisez bien la dernière phrase du mail ci-dessous!


Merci !

Liège, Mai 2010
Monsieur,

J'ai reçu via un ami votre email incitant vos amis à soutenir le parti socialiste. Je l'ai lu très attentivement.
Il y a quelques jours je lançais sur facebook une question aux miens. En substance je demandais "pourquoi vote-t-on socialiste en 2010 ?".
Je suis moi-même plutôt libéral, mais avec une forte tendance sociale. Favoriser l'entreprenariat mais ne laisser personne sur le côté pour schématiser. Et à la lecture des programmes et déclarations des uns et des autres, je cherchais à comprendre.

Le sujet en a inspiré plus d'un, et un débat s'est engagé. En 24 heures, plus de 150 commentaires dont beaucoup de plus d'une page. Le discussion fût enrichissante, parfois drôle, mais avec du fond et des personnes engagées. Ayant lu ce statut, cet ami m'a envoyé votre mail qui est quelque part une réponse à ma question. Je l'en remercie, j'espère que vous ne lui en voudrez pas; après tout, vous le demandiez.

Car on est d'accord sur ce point : le temps est à l'action ! Il faut s'engager. Il faut réfléchir, il faut fédérer.
Mais quelque part j'ai aussi été déçu par le contenu du mail en question. Parce que, in fine, je cherche toujours une réponse à ma question. Et ce n'est pas parce que je suis obtus ou par manque d'ouverture je vous l'assure. Mais les arguments que je lis ne portent pas. Ou ne résistent pas longtemps à l'analyse. J'aimerais que vous me donniez votre avis.

D'abord et avant tout, parce que les raisons pour lesquelles on incite à voter socialiste, pardonnez moi de le dire, s'éloignent rarement du cliché et pèchent souvent sur le fond par manque de cohérence.

Un des principaux clichés est de dire que les partis de "droite" rendent la situation des personnes les plus en difficultés encore plus difficile. Ce n'est pas vrai.
Il y a belle lurette que la solidarité est une valeur reprise par tous les partis. Personne dans le paysage politique, même l'extrême libéralisme ne remet la sécurité sociale belge et ses acquis en cause.
Le MR comme le FDF (mais pas comme le PP et son chômage à durée limitée) ne veulent laisser personne sur le bas côté. Et à plusieurs niveaux ils sont très différents et pour certains beaucoup plus progressistes que le PS qui ne semble plus l'être depuis longtemps.
Regardez le tabac ! C'est ce qui coûte le plus à la santé et ce qui nuit le plus aux personnes en difficulté, financièrement et médicalement. Et qu'a demandé le PS ? Qu'on reporte l'interdiction. Parce que "ça détend" ! On rêve là non ? Et la santé des garçons de café ? C'est Zola à l'envers ici ! Le PS prône qu'on rende les travailleurs malades ! Le PS au chevet du profit des cigarettiers. Fameux progrès.

Un autre exemple. Les médicaments. Il n'y a jamais eu un ministre de la santé qui était médecin, pourquoi ne pas changer ça? Pour le moment, plein de maladies bénignes sont remboursées à 100% pour tout le monde, (rhumes, entorses...) même ceux qui en ont les moyens. Mais à côté de cela, il y a plein de maladies orphelines non remboursées. Là ou un médicament, certes cher, pourrait sauver ne fut-ce qu'une vie, on ne fait pas grand chose. C'est un des points du programme... du MR-FDF !
Mais arrêtons les exemples, ce ne sont que ça même s'ils sont révélateurs. Il y a bien plus à dire.

Parce que s'il est une analogie qui m'a surpris c'est celle de l'amortisseur. D'abord je cherche toujours pourquoi le PS aurait l'apanage d'amortir les coups durs. Je ne vois aucune raison pratique, à sécurité sociale égale. Se rendre plus dépendant en empruntant plus par exemple ne paraît pas d'entrée être la panacée.
Mais, un amortisseur, est-ce vraiment ce que l'on veut ? Car si vous parliez de ce vilain mot qu'est "flexibilité" ce n'est pas précisément l'apanage socialiste.
Et puis personnellement, lorsque je suis coincé dans une ornière, comme l'économie en ce moment, c'est plutôt sur un bon moteur que je voudrais pouvoir compter. Pour en sortir ! La relance ! Le dynamisme, l'inventivité. Lâcher la pression sur les ménages qui paient bien trop d'impôts et sur les entreprises pour qui engager coûte trop cher.
Vous dites que l'on peut se passer du socialisme quand tout va bien, mais n'est-ce pas plutôt quand tout va bien que l'on peut envisager de faire plus pour chacun ? Quand décidez vous de faire bâtir ? Quand vous cherchez un emploi ? Non je pense.

Est-ce quand vous avez de problèmes de revenu que vous dépensez plus ?

Parce qu'une des différence fondamentales est bien celle là : Le Déficit. Là la vision du PS diffère du tout au tout de celle du MR. Le MR dit qu'il ne faut pas creuser les déficits ! C'est extrêmement important ! La vision PS est qu'il faut investir maintenant et faire des économies plus tard ! Ce qui est exactement la raison de la faillite de la Grèce soi dit en passant. Parce que pardon mais j'insiste, la Grèce c'est la faillite du système "tout à l'état providence". C'est un gouvernement socialiste qui vit au dessus de ses moyens pendant 30 ans ! Comme chez nous ! Certes chez eux les libéraux n'ont pas pris leurs responsabilités quand ils en ont eu l'occasion c'est vrai, et la spéculation a porté le coup de grâce c'est aussi vrai, mais ne confondons pas tout, cette immense dette n'aurait jamais du être là ! Parce que tout ce qu'on dépense on doit le financer, et pas par l'emprunt ni par plus de taxe, on est parmi les plus taxés du monde !
Et il ne faut pas non plus dépenser moins, mais dépenser mieux.
Faute de cela, ce n'est pas vers un plan Marshall 2.vert que l'on ira mais vers un plan Interventionisme à la grecque 2.0.


Alors comprenons nous bien, je ne condamne absolument pas le socialisme. C'est un mouvement fabuleux qui a apporté des avancées énormes, il y a 100 ans, 50 ans...
Né à l'époque de mon père j'aurais été socialiste, progressiste ! Mais autres temps, autres moeurs. Le PS belge est dépassé, conservateur, sans aucun acquis engrangé depuis 30 ans. Si le déficit est là aujourd'hui et si nous nous trouvons avec si peu de moyens pour agir, peut-on honnêtement dire que cela n'a aucun lien avec ces 30 ans d'affilée ou les socialistes ont été au pouvoir ? Et pourquoi la flandre qui n'a pas vécu cela va-t-elle mieux ?

Ou comment à un moment ne pas décider de se rendre compte que à ce stade le PS a échoué? Le PS n'a quasi jamais été dans l'opposition de toute ma vie. Il les a eus, il les a re re eus et il les a toujours les leviers du pouvoir.
Encore Paul Magnette ce matin sur actu24.be. Il dit qu'il va lutter contre la fraude fiscale, taxer les transactions financières, et relancer l'économie. Réflexion du journaliste : "le PS est dans le gouvernement sortant, pourquoi ne pas avoir avancé sur ces différents points à l'heure de la crise économique?". Et il pose la question des promesses en l'air. (NDM janvier 2012 : vous les voyez bien les taxes ... sur les transactions et la relance de l'économie que Paul nous promettait?)

Voyons plus haut.
En 30 ans au pouvoir on modèle des générations, on a presque deux générations pour tirer tout le monde vers le haut. Et pourtant on en est là. Mal armés, mal préparés, avec une Wallonie exsangue, clientélisée, paupérisée, avec des jeunes qui ne savent plus écrire et qui ne supportent plus la "politique", avec des infrastructures qui se déglinguent et l'émergence du mot walbanie.
Ou le mot "papa" fait croire qu'il est un débat de fond et où, ce à quoi je ne répondrai pas autrement que pour le dénoncer, on agite des "bains de sang sociaux" et on pousse sur les peurs des gens comme sur des boutons, réflexe identitaire et sécuritaire apanages de l'extrémisme et du manque d'idées.

Et dans une illustration du manque d'idées je condamne absolument la vision selon laquelle BHV est un écran de fumée.
Ce n'est pas un élément anecdotique monté en épingle à des fins purement politiciennes, c'est un point de cristallisation. Quand une situation se fige et empêche tout mouvement.
On peut prendre l'analogie de la tectonique des plaques. Vous avez deux entités, la flandre et la francophonie, qui évoluent côte à côte dans des directions différentes. Il y a des frottements et des heurts mais elles avancent. Comme pour les plaques continentales, à un moment la pression monte en un point qui accroche. Et un jour, un composant cède et c'est le tremblement de terre. C'est cela BHV. Un point de résistance qui empêche les communautés d'avancer. Si on ne fait pas retomber la pression, il y a le potentiel d'un séisme qui bouleversera la Belgique.
L'enjeu ce n'est pas juste des sièges, l'enjeu de BHV c'est le respect des personnes et de leurs droits, c'est le moment ou l'on décide quel sera l'avenir de chacun au sein de la Belgique. Parce que la démocratie ce n'est pas le grand qui impose au petit. Ce n'est pas non plus le grand qui décide que Bruxelles ou sa richesse est à lui et que le petit n'a qu'à se taire. Et dans ce débat, le fait que le PS considère que Bruxelles n'est pas traditionnellement son électorat me fait très peur dans la gestion de la crise.


Parce que la question fondamentale qui se pose aujourd'hui, alors que nous traversons cette grave crise financière et institutionnelle est "quel type de gestionnaires voulons-nous?".

Parce que Zola c'est fini. Nous sommes malgré tout la 18ème nation où il fait le meilleur vivre au monde ou du genre. Tous nos ouvriers ont les congés payés, une pension, une sécurité sociale parmi les meilleures du monde. On n'est pas la chine ou l'Ouganda ou le Brésil ou un de ces dizaines de pays du tiers monde. Là la misère est réelle, les gens vivent avec moins d'un dollar par jour ! Ici nous somme protégés et le système laisse très peu de monde sur le côté et tous les partis veulent encore l'améliorer pour les quelques uns qui passent à travers les mailles.

Mais je comparerai la situation sociale à la construction d'une maison. Le socialisme en a assuré les fondations et la construction d'un édifice social solide. Bravo et merci à lui. Mais là c'est fait. Hors, cet édifice, il faut le terminer. On n'a plus besoin du maçon socialiste. (ceci dit avec beaucoup de respect pour les maçons) On a besoin de spécialistes de la gestion.
Pour fermer toutes ces fuites qui coûtent un pont, pour réorganiser le plan de circulation pour être plus efficace. Pour être certain que tout le monde y soit bien logé. Pour avoir une couverture solide et viable. Il est temps de passer d'un corps de métier à un autre. D'un système à un autre.

Par exemple on doit sortir du clientélisme. Les même règles pour tout le monde. Et au niveau éthique quand je vois des fondamentalistes religieux sur les listes PS... ou tout simplement le refus de condamner les camarades fautifs... voire même de les dédouaner, comme encore dans votre mail...

Parce que oui, il faut gérer mieux et taxer mieux et moins ! C'est un leitmotiv. Il faut réorganiser tout cela.
Je rappelle que le MR veut diminuer la pression fiscale et que Paul Magnette a crié au loup à ce sujet fin mai accusant le MR de "raser gratis" ! (Le Soir) (NDLR 2012 oui, on a vu que le MR de Mr Michel a échangé ses convictions fiscales contre quelques maroquins ministériels)
Et je ne parle même pas du communautaire ou le PS est prêt à de nouveau accepter tout des flamands, sans vision pour l'avenir de l'axe Wallonie-Bruxelles, en échange du poste de premier.

Et c'est pour cela que je posais cette question sur le pourquoi du vote socialiste. Et je suis triste de ne pas encore vraiment avoir de réponses. Si je devais résumer et pardonnez à l'avance la schématisation, on vote principalement PS par peur. Par réaction. Le PS EST lui même réactionnaire... On vote "à gauche" en Belgique parce qu'on a peur que "la droite" protège moins bien les gens et principalement les plus faibles. Ils ne sont pas les meilleurs à gauche, mais on pense que les autres sont pires.

Or pour être de ces partis "de droite" je sais que ce n'est pas vrai. Et je sais aussi que ces partis ont un projet pour la Belgique qui nous emmènerait plus loin, vers plus de bien être pour tous et pour plus de sécurité institutionnelle, sociale et financière.
Avec une sécurité sociale toute aussi importante mais plus viable, avec un rapport avec les autres communautés d'égal à égal, avec un budget en meilleur état.

C'est pour cela que je voterai MR (en tant qu'FDF), et que j'invite le plus de monde possible à le faire.

En vous remerciant pour votre lecture,
Avec mon infini respect pour vos convictions,

06 décembre 2011

Au delà du Communautaire: un Front de Défense des Flamands


La Belgique est malade. Personne ne peut plus le contester. De crisette en crise, de négociations de pacotille en accords bancals, il ne faut pas être très futé pour constater le gouffre qui sépare nos classes politiques.

Notez que je ne dis pas nos électorats!

Car qui peut dire "j'ai rencontré un flamand et on n'avait rien à se dire"? Qui n'a pas des collègues dans l'autre communauté avec qui tout se passe bien? Combien de familles n'ont pas des ramifications des deux côtés de cette barrière linguistique artificielle?
Je suis francophone et je bosse avec des flamands. Je fais la fête à Hasselt avec des flamands. Je discute sur twitter avec des flamands. Je navigue et fais des courses à la voile avec des flamands. Et on a plein de choses en commun.
Un pays parfois gris mais joyeux, une bonhommie, un humour décapant, des frites et du surréalisme, les Too-many DJs, un microcosme culturel délicieux! On se marre et on s'entend bien!

Le problème vient à mon sens d'une déviance de nos classes politiques.

Celle du Nord est en compétition permanente avec elle même dans une surenchère morbide pour décider qui est le flamand le plus pur.
Ils façonnent par là une opinion publique à qui ils font avaler que le wallon est fainéant et que l'autre est la source de tout mal.
Ils entretiennent des stéréotypes coupables et pêchent par démagogie et mensonges éhontés.
Débordés sans cesse sur la droite ils se radicalisent et entrainent avec eux un peuple méritoire mais, comme beaucoup, en perte de repères dans un monde qui change et devient de plus en plus instable.
Quand les quatre partis principaux en sont à retirer aux gens leurs droits fondamentaux on ne peut que conclure qu'il n'y a plus de formations politiques démocrates en flandres!

Celle du Sud est elle dans un marasme profond.
Sur des airs de "tout va bien", "les fondamentaux sont bons" et "la classe politique flamande ne nous veut pas de mal" elle endort son électorat.
Elle n'a pas d'autre projet que de rester en place, pas d'autre ambition que d'être réélue.
Des décennies sans progrès social notable!
Au contraire, la pauvreté augmente, le chômage aussi. Or la gauche n'est elle pas censée combattre la pauvreté? Que fait-elle?!?
Mais las... On entretient des outils économiques hors de prix. On saupoudre d'aides des secteurs non porteurs. On gaspille. On détourne des fonds publics. On perd son temps. On nivelle par le bas.

De cette sombre dualité est sortie pour moi récemment une étincelle salvatrice; sous la forme d'une élue Open-VLD qui dénonçait la classe politique dont elle fait partie dans une interview intitulée "Ils agissent dans la peur". (Le Vif - L'Express, 4 Octobre 2010 )

Elle y disait notamment :
"J'ai plus de compréhension et de sympathie pour le principe du droit des personnes que du droit du sol."

Et concluait en disant des politiques flamands :
"Ils agissent dans la peur, mais c'est de leur faute ! Ils ont appris à leurs électeurs à être de bons Flamands, et ils sont devenus prisonniers de leur rhétorique. Nous avons un besoin urgent d'hommes et de femmes politiques qui fassent preuve d'ouverture et se débarrassent des frustrations du passé !"

Fulgurant ! La prochaine statue qu'on érigera à Bruxelles ce sera elle ou personne. Je n'avais rien lu de plus puissant depuis longtemps. C'est du Spaak! Du discours de femme d'état! Parce que nous n'en avons plus des hommes d'état. Fini ce temps des visionnaires qui nous emmènent au delà des problèmes vers une vision porteuse d'un avenir réel.

Je vous propose de la prendre au mot! Je vous propose de faire précisément ce qu'elle vient de nous dire.

Je lance donc un appel à mes amis flamands ... et au FDF.

Ce dernier est souvent dépeint en flandre comme un parti communautariste. C'est un peu faux mais cela ne s'exprime pas dans les faits. Le FDF défend les droits des francophones car ceux-ci sont attaqués par diverses réglementations restrictives. Il est diabolisé à tort par la classe politique du Nord car il s'oppose à leurs projets. Il a raison de le faire!
Il défend des valeurs, dont une primordiale : le respect des gens!
C'est le seul parti qui n'a pas voulu abandonner les droits des francophones en l'échange d'un poste de ministre. C'est un parti qui a l'habitude de gérer des communes à haut potentiel de friction communautaire mais dont le président est malgré tout nommé meilleur bourgmestre francophone par des... flamands.

Le flamand, la femme et l'homme comme la langue, ont tout autant le droit d'être défendus. Il sont en ce moment attaqués par une classe politique irresponsable qui prone la division au lieu du rassemblement,  l'isolement au lieu de l'ouverture.

Ce n'est pas une fatalité !

J'exhorte mes amis et compatriotes flamands à appeller le FDF pour que celui-ci crée des sections du FDF en flandre afin d'y défendre les droits des flamands, menacés d'isolement communautaire, mais aussi menacés de paupérisation par enlisement et, encore pire, en cas de scission.

J'exhorte le FDF à les accueillir et à se transformer en un appareil bilingue national de défense des droits de tous face aux attaques dont ils sont victimes. Sur le plan social, sur le plan linguistique, sur le plan économique!

J'appelle de mes voeux cette évolution de cette formation politique: Un Front des Démocrates Fédéralistes.
Un parti national uni qui serait la preuve qu'il existe en Belgique des femmes et des hommes de bonne volonté qui veulent s'unir pour que chacun soit respecté dans sa langue; pour que l'on dépasse le conflit linguistique et que l'on travaille ensemble à relancer le pays et estomper les conséquences de la crise économique et ses implications sociales.

Une alternative à la logique qui enferme, casse et sépare.

Un front des flamands et des francophones qui veulent que leurs communautés se respectent et travaillent ensemble à une Belgique meilleure pour tous!


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23 novembre 2011

Petite histoire du conflit Belge

C'est l'histoire d'un petit pays où cohabitent des gens différents.

Ben oui comme tous les pays me direz-vous. En effet, à quelques détails près.
Dans ce pays, les gens du nord parlent une langue germanique (le flamand, une espèce de néerlandais). Les gens du sud une langue latine (le français). Et les gens de l'est du sud, une autre langue germanique (l'allemand).

Splendide illu de MABI pour Le Soir

Sauf que ça n'a pas toujours été si tranché. (private joke pour les amateurs d'histoire)

En 1830, à la création de la Belgique, on parle surtout des patois au nord comme au sud. Des patois flamands au nord et des patois wallons au sud.
Et on parle aussi le français un peu partout, mais à des degrés très divers. Parce que le français à l'époque était la langue des cours et des rois et de la haute bourgeoisie. Par volonté d'émancipation sociale, par mimétisme avec le souverain voisin et par rejet des hollandais qui nous avaient conquis, le français s'imposa comme langue nationale.

Qui imposa ce choix? Il faut d'abord rappeler que le suffrage était à l'époque censitaire: il fallait disposer d'un certain revenu pour pouvoir voter. La noblesse et la grande bourgeoisie avaient la main sur les appareils de l'état. La haute bourgeoisie qui était majoritairement .... flamande. Bruges, Anvers, Gand, avaient alors un aura que même Liège n'avait pas. Bruxelles était déjà une ville fort mixte si je lis bien, avec son patois à elle, le brussels, dialecte néerlandais mâtiné de mots français (1).

Bruxelles avait en effet aussi connu une forte arrivée de réfugiés politiques français et de wallons francisés.

L'enseignement obligatoire diffusa également le français. Bref... Le français s'imposa en Wallonie, en flandres et à Bruxelles.

Au mépris, il faut le reconnaître, du flamand. Celui-ci dût attendre le début du 20ème siècle et 1921 pour commencer à être réellement reconnu. Il faut dénoncer cette triste réalité d'un état qui n'a pas pris en compte tous ses citoyens comme il aurait pu.

Un des paradoxes du mouvement flamand est que le français fût imposé à toute la belgique par des représentants majoritairement... flamands. Mais des flamands francophones. Pour s'en dédouaner les flamands disent que c'étaient des "fransquillons". Pas vraiment des flamands quoi.

Et là c'est un autre mythe fondateur du mouvement flamand. Cette croyance en la réalité d'un territoire linguistiquement parfaitement homogène. C'est une illusion. Le flamand du Limbourg ne parle pas le même néerlandais que celui de Kortrijk mais c'est comme ça. Demandez à un Marseillais de parler avec un Brestois. Plein de mots de patois diffèrent et c'est une richesse.

Il faut aussi se rappeler qu'en 1830 les Wallons parlaient le wallon et pas le français. Mais l'effort qui a été fait en Wallonie pour franciser a été assez bien pris. Mon grand-père était puni quand il parlait wallon à l'école. Sans susciter de révolte. Le wallon serait-il plus conciliant? Plus Panurge? Aucun en tout cas ne vote pour un parti qui réclame qu'on reparle le wallon à l'école, sans doute trop conscient du cadeau que représente une langue internationale.

Pour résumer, de longs conflits, des dizaines d'années, en passant le moment ou le mouvement flamand s'acoquine avec le nazisme, en ne s'appesantissant pas sur l'expulsion des francophones de l'Université de Leuven au cri de "Franse Ratten Rol uw Matten"; ("Rats francophones, roulez vos matelas" ... et partez)
Sans trop revenir sur ces marches neo-fascistes de militants flamands pour attester le caractère flamand de tel ou tel endroit, sur les ratonnades de francophones...
On assiste à une flamandisation de l'état aussi et des grands groupes industriels belges. Les postes clefs sont attribués de préférence à un flamand. Il n'y a plus eu de premier ministre francophone depuis une trentaine d'années. (edit: Di Rupo a au moins eu le mérite de changer cela.)
Il faut tout de même préciser qu'il n'existe AUCUN mouvement anti-flamand chez les francophones. Les actions ci-dessus n'ont jamais au grand jamais connu de pendants dans l'autre communauté.

En 1963, les flamands obtiennent une frontière linguistique. Chacun chez soi! Dorénavant les communes d'une Région seront obligatoirement linguistiquement monogames. Fini de se mélanger! Sauf Bruxelles, officiellement bilingue. (Les estimations parlent à ce jour d'une présence de 7 à 8% de néerlandophones à Bruxelles)

En contrepartie et pour tenir compte de la réalité selon laquelle aucun territoire belge n'est linguistiquement pur on crée des communes à facilités. Des communes qui sont dans une région d'une langue mais on leur reconnaît que l'autre langue y a une importance telle que ses habitants doivent se voir préserver le droit de parler leur langue. On crée aussi BHV. Un arrondissement électoral, judiciaire et administratif mixte. Les deux langues y sont reconnues, le système électoral combiné. BHV veut dire "Bruxelles - Halle - Vilvoorde" du nom des communes qui le composent.

La vie évolue et le mouvement flamand se radicalise.  La Belgique se structure en Régions et Communautés. On se sépare de plus en plus. La dernière pierre d'achoppement en date est BHV.  Les flamands veulent séparer Bruxelles de Halle et Vilvoorde. Que l'on puisse voter pour des francophones ou s'adresser à la justice en français dans ces communes flamandes est pour eux une insulte insupportable au caractère flamand de leur région. Or la "minorité" francophone y dépasse de loin les 7%, pouvant aller jusque 20 ou 30%, je cherche le pourcentage exact. Mais ces quelque 80.000 électeurs francophones DOIVENT être assimilés. Niés en quelque sorte. Et les facilités accordées plus haut il faut les supprimer. Qu'une commune à 80% francophones parle le français? Quel crime abominable.

Oui vous avez bien lu. Désolé, il n'y a pas d'autre façon de le dire. Ils s'opposent au droit des gens à parler leur langue dans une région où ils ont toujours habité, parfois depuis des générations.
Ils croient que les métropoles internationales comme Bruxelles ne grandissent pas. Et que si elles le font leurs habitants doivent s'adapter et émigrer en périphérie en acceptant de changer de culture.

A cela s'ajoute un conflit budgétaire. Car la flandre est économiquement pour le moment en meilleure santé. Elle accuse la Wallonie de vivre à ses crochets. Et la Région de Bruxelles d'être mal gérée.

Et pour cause, la Flandre, elle, ne doit pas gérer la fin de la sidérurgie wallonne qui a financé sa survie pendant 130 ans et lui a offert le port d'Anvers et tant d'autres infrastructures.
C'est aussi oublier que d'ici une quinzaine d'années les courbes démographiques feront que sans la Wallonie la Flandre ne saura pas payer ses pensions.
C'est sans compter qu'une grande partie de la prospérité flamande vient de Bruxelles. Et que celle-ci, si elle est mal gérée, c'est aussi à cause d'un territoire trop petit pour lui permettre de se financer seule et "grâce" aux blocages politiques que les flamands causent en utilisant leur sur-représentation dans les instances décisionnelles Bruxelloises.

Mais de précision l'extrémisme Flamand n'a cure.
Ils veulent être chez eux, dans un territoire sans minorité reconnue, avec une frontière linguistique qui s'apparente à une frontière d'état. La wallon est un "fainéant" et le Bruxellois un "gaspilleur".

Il faut préciser que les mouvements dits séparatistes ont obtenu près de 40% aux dernières élections. Il faut aussi dire que quand on confronte un flamand et cette statistique il répond souvent que "ça ne veut pas dire qu'il est séparatiste, il vote pour leur programme économique". Honte ou réel vote de duplicité? Et dangereux avec ça? Bonne question.
Reste que faire sécession pour les flamands signifierait perdre Bruxelles, majoritairement francophone et qu'ils n'y sont pas prêts. Au contraire ils veulent enclaver la ville pour l'emmener avec eux en cas de scission. C'est sans doute une des raisons de leur volonté de scinder BHV. Même si les séparatistes restent minoritaires.
Car bien que minoritaires ils ont le vent en poupe et leurs idées ont du succès auprès de la population. Les flamands sont sensibles au discours des partis radicaux qui se propage du coup aux partis dits traditionnels. Nous avons donc face à nous une classe politique flamande littéralement en train de concourir pour le titre de meilleur flamand. Au risque de s'éloigner de ce que veut le peuple? Peut-être. Ou au risque de le convaincre qu'ils ont raison. Autre radicalisation.

Face à cela les hommes politiques francophones ont toujours été extrêmement timorés. Parant au plus pressé. Cédant pour avoir la paix. Sans jamais porter de réel projet pour les régions francophones.
Car les francophones ils s'en fichent un peu en fait du conflit linguistique. Mais de moins en moins. Beaucoup commencent à en avoir marre ou à penser qu'on ne serait peut-être pas plus mal sans eux mais sans que ce soit réellement répercuté au niveau politique. Lire ceci au sujet des francophones (ook beschikbaar in het nederlands).

Voilà en gros ce qui se passe en belgique. Des flamands qui exigent et qui n'en ont jamais assez au nom d'un repli identitaire non unique en Europe mais néanmoins préoccupant. Des francophones qui cèdent mais qui ne peuvent pas décemment céder beaucoup plus.
A ce jour lors des négociations, ils ont déjà abandonné le respect des droits fondamentaux à l'accès à la justice ou l'administration dans leur langue pour les 80.000 personnes citées plus haut. Que leur reste-t-il en échange... ? Trente deniers... sans doute comme disait un ami récemment.
Et personnellement un peu de honte. La honte que l'on brade le droit des gens pour une éphémère et trompeuse pacification communautaire d'un conflit basé sur le rejet de l'autre.




21 novembre 2011

Politique Fiction - PLauLitique Belche

Nous sommes le 7 janvier 2013. Dans l'attente de la formation d'un gouvernement les députés et le gouvernement ex-Leterme pas si démissionnaire dirigent toujours vaille que vaille un pays au bord de la semaine cruciale.
Et là c'est le drame.
La politique belge s'arrête. Pour peu qu'elle ait un jour avancé hein fieu dis.

Laurent L. (pseudo) a fait passer par erreur une proposition de loi interdisant les propositions de lois. Le titre exact était "Proposition de loi interdisant les propositions de lois qui ne soient ni populistes ni liberticides" mais il y a eu une erreur de manipulation du photocopieur lors d'une séance de body-body de formation avec son assistante. #LauL quoi...

De leur côté les quelques Députés présents non assoupis l'ont votée croyant qu'elle ne s'adressait qu'à lui et qu'ils en seraient ainsi débarrassés. Mais las. C'est l'impasse.

Impossible de déposer une nouvelle proposition de loi qui annulerait cette désormais loi.

Les wallons et les flamands arriveront-ils à se mettre d'accord sur une modification de la Constitution qui sauverait la situation? Laurette L (nom d'emprunt) pardonnera-t-elle à son fils illégitime sa bévue qui risque de la prîîver d'un poste important sur la scène internationale? La C5 merco à nonante mille boules d'Antoine sera-t-elle vendue? Bart mangera-t-il encore des gaufres au chocolat? Vous le saurez en... ha ben non, vous ne le saurez pas.

C'est ballot.

copyright Christian Sarbach


18 novembre 2011

Réponse du Ministre Henry (ecolo) au courrier d'UrbAgora - Tram Liège

Image source ©GRE
"Madame, Monsieur,

Nous avons bien reçu votre courriel relatif aux choix de tracé de l’axe 1 du
tram de Liège.

Croyez bien que nous comprenons vos préoccupations et que nous partageons
votre analyse : le tram est un projet d’ampleur qui nécessite que de bonnes
décisions soient prises. Permettez-moi de vous rappeler que le Gouvernement
wallon s’est engagé résolument, dès son installation, à concrétiser ce
dossier qui n’était alors qu’au stade de projet.

Nous avons souhaité envisager un tram qui s’insère dans un cadre plus large,
structurant l’agglomération : une organisation multipolaire et hiérarchisée
du service, et qui améliore profondément la mobilité et la qualité de vie en
transformant le réseau de transport en commun.

En mars 2010, le Gouvernement wallon confirmait l’ampleur, inégalée en
Wallonie, de l’investissement : 500 millions d’euros. Il validait également
un corridor pour le tracé du tram, de Jemeppe à Herstal, en passant par les
Guillemins et Saint-Lambert.

Ce projet en main, nous avons consulté les conseillers communaux des
communes concernées dans l’agglomération liégeoise. Nous avons rencontré
également le TEC Liège-Verviers, les Commissions Consultatives Communales
d’Aménagement du Territoire et de Mobilité (CCATM), les associations
concernées (dont celles actives dans le domaine de l’environnement, de
l’urbanisme…), des représentants des commerçants et de la société civile
organisée lors des Ateliers urbains. Enfin, nous avons permis, grâce à un
soutien financier conséquent, l’organisation par la plate-forme associative
« TramLiège.be » d’un forum « Faire du tram un projet de long terme à Liège
».

A de multiples occasions depuis un an et demi, les questions que vous
soulevez dans votre courrier ont été abordées sur base d’études fouillées,
techniques et/ou financières.

Prenons un exemple symbolique : la desserte du quartier Saint-Léonard. Cette
desserte a été abordée dès octobre 2010. Les conclusions étaient claires :
l’impossibilité de faire passer le tram au cœur du quartier Saint-Léonard.
En juillet 2011, les bureaux d’études ont malgré tout affiné l’analyse.
Conclusion : ce tracé aurait pour conséquence l’expropriation de
pratiquement l’ensemble des numéros pairs de la rue Saint-Léonard, ou
l’ensemble des numéros impairs de la rue Lamarck car ces rues ne sont pas
assez larges pour permettre le passage du tram. Et même en expropriant la
moitié de ces rues et en supprimant l’ensemble des places de stationnement,
vu la fréquence des trams, les livraisons, déménagements ou travaux seront
rendus au mieux extrêmement difficiles, au pire impossibles. Ayant à cœur la
qualité de vie des Liégeois, nous souhaitons que le tram soit une réelle
plus-value, plutôt que l’arrêt de mort de certains quartiers.

Il revient maintenant au Gouvernement wallon de valider les dernières
options relatives au tracé. Pour des raisons d’agenda, il n’a pu le faire
cette semaine. Comme un grand nombre d’autres points de l’ordre du jour de
ce jeudi 10 novembre, le projet de tracé sera discuté lors de la réunion du
Gouvernement wallon de la semaine prochaine.

Le tracé, enfin prêt pour les études techniques et les plans, sera soumis -
c’est une obligation légale - à une double enquête publique (autour de juin
2012 et de février 2013).

Au cours de ces deux procédures, les informations complètes seront à votre
disposition, et chacun sera libre d’exprimer ses remarques et suggestions,
dont nous aurons légalement l’obligation de tenir compte.

Mais je veux aller plus loin : dès avant ces enquêtes publiques, nous irons
à votre rencontre dans les quartiers pour vous expliquer le projet de tram.
Vous aurez ainsi toutes les cartes en main pour vous prononcer, en
connaissance de cause, lors des enquêtes publiques. Cela nous permettra
également d’encore mieux appréhender vos préoccupations.

Le projet de tram pourra ensuite poursuivre son chemin, vers le début des
travaux (fixé à la mi-2014) et sa mise en service à l’occasion de
l’exposition internationale qui ne manquera pas d’être organisée à Liège en
2017.

C’est donc ainsi, à votre service, que nous bâtissons le projet de tram.



Philippe Henry
Ministre de l'Environnement,
de l'Aménagement du territoire et de la Mobilité
Rue des Brigades d'Irlande, 4 - B-5100 Jambes




_________________________


Courrier envoyé aux ministres, bourgmestres et intervenants : 


Oui au tram, non à ce tram

Monsieur le Ministre-président,
Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Bourgmestres,
Monsieur le Secrétaire du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité de pilotage du tram,

Ayant appris que le gouvernement wallon pourrait prendre une décision
définitive concernant le tracé du tram de Liège dès ce jeudi 10 novembre, je
m’adresse à vous pour vous demander de reporter ce point. Il me semble en
effet que les attentes que les habitants de la ville et les usagers du
transport en commun sont en droit de former à l’égard d’un investissement
aussi important ne sont pas encore rencontrées.

D’abord, ce tram semble conçu sans lien avec le transport ferroviaire. La
complémentarité entre le train — qui permet des déplacements rapides à
travers toute l’agglomération — et le tram — que sa capacité destine à la
desserte des zones les plus denses et des tronçons les plus chargés du
réseau — semble absente. Il serait à mes yeux incompréhensible qu’un projet
de cette ampleur ne s’inscrive pas dans un concept intégré de mobilité à
l’échelle de l’agglomération, associant le développement d’un réseau express
ferroviaire, le redéploiement du réseau de bus, la mise en valeur du vélo,
une politique de stationnement automobile adaptée et l’organisation
systématique de l’intermodalité. Cette dimension est quasiment absente de
l’étude que vous avez commandée. Je souhaite, à cet égard, que soit tenu
compte des conclusions du Plan urbain de mobilité (PUM) qui a étudié cette
question mais n’a toujours pas été publié à ce jour. Plus concrètement, je
vous demande de faire de l’intégration tarifaire entre le train et le
transport urbain une priorité : je souhaite pouvoir utiliser tout titre de
transport TEC sur le réseau urbain de la SNCB et inversement. Il est
également indispensable que le tracé du tram permette de passer aisément
d’un mode à l’autre, notamment en passant par la gare d’Herstal ou la Place
Vivegnis.

Par ailleurs, en choisissant de construire une ligne unique en fond de
vallée plutôt que d’amorcer un réseau, le tram tel qu’envisagé est loin
d’optimiser l’investissement. Il laisse de côté des quartiers très peuplés
et où les problèmes de mobilité sont considérables — Sainte-Marguerite ou le
Longdoz, notamment, deux quartiers dans lesquels il est difficile, à l’heure
de pointe, de monter dans un bus — pour desservir des zones (Tilleur ou
Basse-Campagne) où la demande prévisible ne justifie pas à ce jour le
déploiement d’un mode aussi lourd que le tram.

Ensuite, en optant pour un tracé tangentiel aux quartiers, en imposant le «
rabattement » de nombreuses lignes de bus (par exemple la ligne 58, vers le
Sart-Tilman) vers le tram et en ne s’arrêtant, en moyenne, que tous les 750
mètres, le projet actuel pourrait dégrader la qualité du service de
transport en commun offert à une part significative de ses usagers actuels.
Je vous demande dès lors d’opter pour un tracé plus urbain, passant au cœur
des quartiers et s’arrêtant plus souvent que ce qui est aujourd’hui prévu.
Et de maintenir certaines liaisons de bus essentielles, comme la liaison
directe entre le centre-ville et le campus du Sart-Tilman.

Enfin, ce projet ne s’est accompagné, à ce jour, d’aucune concertation
publique. Aucune séance d’information accessible à tous les citoyens n’a été
organisée. Le Conseil communal de Liège n’a jamais tenu un débat en séance
publique sur ce dossier. L’information concernant le projet reste largement
inaccessible pour le public. Comment envisager l’adhésion de la population
dans ces conditions ? Il semble donc urgent, avant toute décision, de mettre
en place une réelle concertation publique, qui permettra sans nul doute
d’améliorer le projet, au bénéfice de la collectivité.

En espérant que vous tiendrez compte de cette requête, je vous prie
d’agréer, Monsieur le Ministre-président, Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Bourgmestres, Monsieur le Secrétaire du gouvernement, Mesdames
et Messieurs les membres du Comité de pilotage du tram, mes très cordiales
salutations.


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