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08 janvier 2013

Entrepreneur: Aide toi et l'état te tuera



En Belgique 80% de l'emploi privé est dans les PME; 

Les grandes entreprises, choyées par le gouvernement, niches fiscalisées, hautement subsidiées en certificats verts ou autres ne représentent qu'une toute petite partie de notre économie. Seul un patron sur 20 est un grand patron. Les 19 autres, beaucoup moins médiatisés pourtant, sont ceux qui font réellement tourner le pays. 
Les plus petites structures sont aussi probablement la seule façon de développer des emplois non subsidiés durables. 

Ces structures qui devraient être l'objet de toutes les attentions, voici comment on les traite : l'expérience de mon ami Antoine Bini, patron de La Cour Saint-Jean à Liège. Le texte ci-dessous est de lui et relate sa dernière expérience. Ce n'est malheureusement pas la seule mésaventure du genre qu'il a pu connaître, ni une exception dans la vie d'un indépendant, mais elle est révélatrice d'une réelle déconnexion entre la réalité et l'appareil de l'état. On tue les entrepreneurs à coups de règlements ineptes, taxes ahurissantes et autres impôts à plus de 309%.

La Meuse d'aujourd'hui publiait un article sur le nombre record de faillites à Liège. Après avoir lu ceci, vous ne vous demanderez plus pourquoi. Entre un ami qui doit arrêter de faire payer ses concerts parce que la SABAM lui réclamait plus que son cachet pour jouer ses compos perso et les mille autres exemples du genre... Edifiant, mais outrant surtout. On voudrait fabriquer des chomeurs qu'on ne ferait pas autrement. 


Au secours! 


Le texte d'Antoine:


En 2008, Les Trois Rivières (un café fête Liégeois, ndm) se font contrôler par la ministère de l'intérieur. Ce bar avait à l'époque des portiers qui ne disposaient pas de ce statut.

A cette occasion nous découvrons qu'en tant que patron de café nous devons disposer d'un agrément ministériel, éventuellement consenti après 3 mois de formation à Marchienne-Au-Pont, un mémoire de fin de formation, et plein de choses très utiles au patron de Group4, moins à un pauvre patron de bistrot et son unique portier.

(formation à 1200 euros + les trajets)

Nous nous inscrivons à plusieurs patrons, et nous nous retrouvons au milieu de portiers voulant devenir chefs, ou de responsables de la sécurité de grands groupes comme Carrefour...

Pendant cette formation je suis à mon tour contrôlé. La situation est simple : mon portier est bien déclaré comme tel, il est assuré pour 3 millions d'euros de responsabilité civile (comme la loi l'impose), et il dispose de la formation "Loi Tobback". Evidemment, étant en cours de formation, je ne dispose pas encore de mon autorisation de "dirigeant d'agent de sécurité".

La contrôleuse me dit "Vous savez, j'ai fait le droit à Liège, j'ai dansé sur les tables de la cour durant toutes mes études, vous êtes quasiment en règle, je ne vais vous mettre qu'un avertissement."

Le policier Liégeois, plein de principes, insiste pour qu'on me dresse tout de même un procès verbal en signalant qu'il ne les a quand même pas fait venir pour rien...

La gentille fonctionnaire me dresse alors un PV dans lequel elle insiste bien sur la petitesse de l'infraction.

Je réussis les examens et obtiens mon agrément ministériel et le droit de payer une redevance de 750 euros par an au fond des entreprises de gardiennage.

En 2010 je passe au tribunal. Le juge me dit : "Vous savez, j'ai fait le droit à Liège, je connais très bien la cour, j'y ai dansé sur les tables. Je reconnais que les amendes pour ce type d'infractions sont exagérées, d'autant que vous auriez risqué moins au pénal. Mais je n'ai pas envie de m'en occuper, ce jour là vous n'étiez pas en règle, donc je vous condamne à l'amende minimum."

Amende minimum (12500)+ frais de justices adverses + mes frais de justices = 15.600 euros

Puis plus aucune nouvelle à part le jugement... j'attends l'ordre de paiement, pour demander un échelonnement de paiement...

Celui-ci arrive lundi il y a deux semaines, soit 2 ans plus tard... Malgré le fait que ce soit le premier document que je reçoive, le paiement doit être effectué dans les 24h.

Evidemment, puisque deux ans se sont écoulés avant de recevoir le document, ils comptent 2700 euros d'intérêts, non pas depuis le jugement, mais depuis l'infraction.

Alors, au risque d'énerver mes amis du PTB puisque je ne suis qu'un enculé de patron et que je n'ai certainement que ce que je mérite, je ne m'étonne pas du tout du nombre de faillites dans ce pays...

Entreprends, travaille, et on te détruira.



Un petit verre calme à la Cour :)
( Je précise que la décision du tribunal est sans appel possible hors cassation. Pour gagner 15.000€, il faut plus ou moins servir 40.000 bières. Soit Plus de 200 fûts... Santé... )

20 juin 2012

Ecolo, saborde toi !



L'écologie. Un mal qui répand la terreur. Mal que le ciel en sa fureur... Wesh non, c'est la pollution ça.
On nous dit qu'elle est partout et ce n'est pas faux. Une nouvelle peste qui empoisonne notre présent.
Et ne parlons même pas de notre futur. La planète souffre. De plus en plus de masses d'eau sont polluées. L'air lui-même est nocif dans beaucoup de mégapoles et même en dehors. Le réchauffement par effet de serre reste une inquiétude fondamentale. La possibilité de nourrir l'ensemble de la population, les destruction de forêts, les giga-cultures en Afrique et Amérique du sud, les sujets sont légion. Ils ne nous pardonneront pas.  Ils ne nous oublieront pas. 

Face à ces craintes est né le mouvement écologiste, dont le présence se traduit souvent par l'existence de partis éponymes. Ecolo, Groen, les verts (ils ne sont pas top originaux dans leurs patronymes, ok... )

A ce stade de la conscientisation, il m'apparaît que les avancées écologistes se font trop lentement. Il faut accélérer la cadence.

Et pour ce faire, je plaide pour que ces partis se dissolvent.

Leur présence est un frein à l'adoption de réformes réellement écologiques.
Pour plusieurs raisons.

Tout petit tout petit la planète

Ils n'ont pas réussi à devenir des partis généralistes.
Ecolo, en Belgique comme ailleurs, recueille des scores proches des partis confessionnels. Et c'est un signe.

L'écologie fait figure de profession de foi. Ses adeptes, convaincus, percent peu parmi les électorats qui veulent une politique plus fine, plus adaptées à toutes les réalités.
Un exemple est leur politique en matière de mobilité qui se résume plus ou moins à "sus à l'auto, haro sur l'automobiliste".
Si au passage on asphyxie l'activité économique des villes, ils s'en foutent et te répondent "les gens n'ont qu'à s'adapter. Si je roule en vélo tout le monde peut le faire". 

Car tout persuadé de sa vertu éminemment plus grande que celle du non pratiquant, l'écologiste méprise un peu parfois l'usager moyen...
Leur faire comprendre qu'il faut d'abord mettre en place des services alternatifs de mobilité puis, quand ceux ci sont installés, inciter les gens à les utiliser, est une notion bien difficile à faire passer.
Parce que le sentiment l'emporte sur la raison.

Pour cette raison, le programme économique d'écolo est donc une gageure.

Alibi-bi-bi j'en suis baba

Ils ne peuvent non plus prétendre rêver d'être un jour un parti leader de coalition et cela amène le défaut suivant :
Ils servent d'alibi aux autres partis qui n'adoptent que timidement les enjeux écologique.
La présence des verts au gouvernement se fait sentir par l'ajout d'un adjectif sur un plan marchal, par la nomination de ministres, et par des prises de position saupoudrées et mâtinées d'interventionnisme talibanesque vert.
Les partis traditionnels peuvent se contenter d'ignorer largement le sujet, en reprenant à leur compte l'une ou l'autre proposition plutôt timide qui leur donnera bonne conscience et l'image qu'ils cherchent. 
Sans convictions, ces réformettes n'apportent pas beaucoup d'eau propre au moulin de la sauvegarde de l'environnement. Elle retardent les vraies actions. 

Trop is te veel

En conséquence et sans s'en apercevoir, ils radicalisent contre l'écologie par leurs errances et prises de positions extrémistes.
On ne compte plus les sorties d'Henry qui crispent l'opinion et sont souvent prises en dépit du bons sens sur le plan de l'évolution de la société, même si elles adressent au passage un point écologique pertinent. 

Le parc éolion de Tinlot, les noyaux d'habitat, le tracé du Tram de liège, autant de points dont l'éclairage vert fausse une prise de position prise aussi bien à l'avantage des populations concernées que des enjeux écologiques.
Citons aussi même en vrac les écotaxes, une sortie non contrôlée du nucléaire, la rage taxatoire automobile des derniers accords, les discours culpabilisants...
Et que dire des milliards (2,5) prélevés dans la poche du citoyen pour payer les certificats verts du photo-voltaïque. On prend dans la poche de tous, dont les plus pauvres, pour financer le train de vie de ceux qui ont su se payer des panneaux. Et sans doute un milliard et demi pour l'éolien. Si ça c'est un idéal politique...
Ou encore les 700 millions d'euro de certificats co2 offerts à Mittal. On a vu le bien que cela faisait.

C'est pourquoi j'appelle Ecolo à cesser les frais.
Qu'ils se dissolvent.

Qu'ils rejoignent tous les formations politiques qui se rapprochent le plus de leur crédo et qu'ils les noyautent de l'intérieur pour faire percoler l'idéal écologiste dans tous les appareils.
Que l'écologie soit écoutée à l'intérieur de chaque parti, non comme une touche exogène qu'on rajoute sur le tard mais comme partie prenante d'une réflexion qui se frotte aux réalités sociales, urbanistiques, économiques.
Si l'écologie refuse ces confrontations elle restera une utopie !
Qu'elle soit pervasive et non le maigre dernier volet d'une négociation et quelques pâles victoires arrachées pour faire survivre un appareil particratique.

Ils sont majoritairement de gauche? Cela tombe bien, le paysage politique wallon aussi.
Et qui ne voyait pas Javaux au cdh? Deleuze au PTB? Henry au MR?

Cela faciliterait la création de coalitions, défragmenterait la gauche et entrainerait une diminution de l'argent reversé aux partis, ce qui devrait aller dans le sens de leur amour de la bonne gouvernance et de la bonne utilisation des deniers publics.
Et ça enlèverait ces soupçons qui disent qu'écolo est devenu un parti comme les autres, plus préoccupé de sa survie et de celle de ses mandats, que du bien commun.

Cela sauverait l'écologisme politique, et peut-être la planète.

Mesdames, Messieurs, Seppuku.

















02 janvier 2012

Pourquoi NE SURTOUT PAS voter socialiste en 2012?

Une vraie question, qui me tarabuste depuis longtemps.
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Le 27 mai 2010, alors qu'une campagne électorale fédérale assez dure sur le ton mais horriblement morne sur le fond battait son plein en Belgique je demandais à mes amis Facebook de m'expliquer pourquoi ils votaient PS.

Je leur posais la question en ces termes :

Un truc qu'ils ne font plus et un qu'ils font. Dans l'ordre.
Allez, une question me tarabuste. Honnêtement. Quand on vote PS, pourquoi le fait on ? Et pas de poncifs du genre "parce que je suis de gauche" ou "parce qu'untel est chouette", du fond, du pratique... Expliquez moi, je suis vraiment demandeur et je respecte toutes les opinions, même si je ne les partage pas.

Je ne trollais pas. La question était sincère. Je me la pose toujours. Car malgré mes efforts je n'ai pas encore trouvé un argument porteur qui défendrait ce vote là. Or statistiquement 1 de mes amis sur 3 le pratique. Et j'aime beaucoup mes amis. Et les comprendre. Ma question a suscité 159 réponses. Riches, mais peu de monde répondait vraiment à ma demande, on accusait plutôt l'autre camp.

La droite va enlever la protection sociale.
(j'aimerais quand même bien qu'on me montre ça dans un programme du MR tiens...)
Le PS protège les pauvres.
(il essaie surtout de bien les garder pauvres et dépendants si on me demande mon avis)
On a besoin de solidarité.
(mais la solidarité n'est-ce pas justement un avenir pour tous? sans endetter plus le pays?)
La droite ne protège que les patrons.
(dites ça au syndicat libéral tiens, et expliquez moi aussi comment on crée de l'emploi sans patrons)
La droite c'est pour les riches.
(ben oui c'est connu on est plein de riches en Belgique, super plein. On pète dans le pognon)

Suite à ma question on m'a aussi envoyé un texte, pondu par le frère d'un politique, qui exhortait à voter PS.
Je voudrais bien vous le partager mais je ne suis pas sûr que sa demande de le diffuser au plus grand nombre rende son écrit public.
Il n'est pas lui-même un cadre du parti à la rose mais sa rhétorique mâtinée de peur, de repli et de dénonciation libérale suit un refrain trop souvent entendu. Je vous passe le couplet sur la défense des "affaires" aussi.

Ma réponse à son courrier suit.

Parce que je voudrais relancer le débat. Car oui, je veux comprendre comment en Belgique en 2010 ou en 2012, on décide encore de voter PS... Socialiste à la limite, mais ce PS là... Mes arguments à moi de l'époque, je vous les livre ci-dessous. Bruts avec dedans mon insouciance et l'actualité d'il y a quasi deux ans.
Démontez les, démontez moi, qu'on avance...

Et surtout, lisez bien la dernière phrase du mail ci-dessous!


Merci !

Liège, Mai 2010
Monsieur,

J'ai reçu via un ami votre email incitant vos amis à soutenir le parti socialiste. Je l'ai lu très attentivement.
Il y a quelques jours je lançais sur facebook une question aux miens. En substance je demandais "pourquoi vote-t-on socialiste en 2010 ?".
Je suis moi-même plutôt libéral, mais avec une forte tendance sociale. Favoriser l'entreprenariat mais ne laisser personne sur le côté pour schématiser. Et à la lecture des programmes et déclarations des uns et des autres, je cherchais à comprendre.

Le sujet en a inspiré plus d'un, et un débat s'est engagé. En 24 heures, plus de 150 commentaires dont beaucoup de plus d'une page. Le discussion fût enrichissante, parfois drôle, mais avec du fond et des personnes engagées. Ayant lu ce statut, cet ami m'a envoyé votre mail qui est quelque part une réponse à ma question. Je l'en remercie, j'espère que vous ne lui en voudrez pas; après tout, vous le demandiez.

Car on est d'accord sur ce point : le temps est à l'action ! Il faut s'engager. Il faut réfléchir, il faut fédérer.
Mais quelque part j'ai aussi été déçu par le contenu du mail en question. Parce que, in fine, je cherche toujours une réponse à ma question. Et ce n'est pas parce que je suis obtus ou par manque d'ouverture je vous l'assure. Mais les arguments que je lis ne portent pas. Ou ne résistent pas longtemps à l'analyse. J'aimerais que vous me donniez votre avis.

D'abord et avant tout, parce que les raisons pour lesquelles on incite à voter socialiste, pardonnez moi de le dire, s'éloignent rarement du cliché et pèchent souvent sur le fond par manque de cohérence.

Un des principaux clichés est de dire que les partis de "droite" rendent la situation des personnes les plus en difficultés encore plus difficile. Ce n'est pas vrai.
Il y a belle lurette que la solidarité est une valeur reprise par tous les partis. Personne dans le paysage politique, même l'extrême libéralisme ne remet la sécurité sociale belge et ses acquis en cause.
Le MR comme le FDF (mais pas comme le PP et son chômage à durée limitée) ne veulent laisser personne sur le bas côté. Et à plusieurs niveaux ils sont très différents et pour certains beaucoup plus progressistes que le PS qui ne semble plus l'être depuis longtemps.
Regardez le tabac ! C'est ce qui coûte le plus à la santé et ce qui nuit le plus aux personnes en difficulté, financièrement et médicalement. Et qu'a demandé le PS ? Qu'on reporte l'interdiction. Parce que "ça détend" ! On rêve là non ? Et la santé des garçons de café ? C'est Zola à l'envers ici ! Le PS prône qu'on rende les travailleurs malades ! Le PS au chevet du profit des cigarettiers. Fameux progrès.

Un autre exemple. Les médicaments. Il n'y a jamais eu un ministre de la santé qui était médecin, pourquoi ne pas changer ça? Pour le moment, plein de maladies bénignes sont remboursées à 100% pour tout le monde, (rhumes, entorses...) même ceux qui en ont les moyens. Mais à côté de cela, il y a plein de maladies orphelines non remboursées. Là ou un médicament, certes cher, pourrait sauver ne fut-ce qu'une vie, on ne fait pas grand chose. C'est un des points du programme... du MR-FDF !
Mais arrêtons les exemples, ce ne sont que ça même s'ils sont révélateurs. Il y a bien plus à dire.

Parce que s'il est une analogie qui m'a surpris c'est celle de l'amortisseur. D'abord je cherche toujours pourquoi le PS aurait l'apanage d'amortir les coups durs. Je ne vois aucune raison pratique, à sécurité sociale égale. Se rendre plus dépendant en empruntant plus par exemple ne paraît pas d'entrée être la panacée.
Mais, un amortisseur, est-ce vraiment ce que l'on veut ? Car si vous parliez de ce vilain mot qu'est "flexibilité" ce n'est pas précisément l'apanage socialiste.
Et puis personnellement, lorsque je suis coincé dans une ornière, comme l'économie en ce moment, c'est plutôt sur un bon moteur que je voudrais pouvoir compter. Pour en sortir ! La relance ! Le dynamisme, l'inventivité. Lâcher la pression sur les ménages qui paient bien trop d'impôts et sur les entreprises pour qui engager coûte trop cher.
Vous dites que l'on peut se passer du socialisme quand tout va bien, mais n'est-ce pas plutôt quand tout va bien que l'on peut envisager de faire plus pour chacun ? Quand décidez vous de faire bâtir ? Quand vous cherchez un emploi ? Non je pense.

Est-ce quand vous avez de problèmes de revenu que vous dépensez plus ?

Parce qu'une des différence fondamentales est bien celle là : Le Déficit. Là la vision du PS diffère du tout au tout de celle du MR. Le MR dit qu'il ne faut pas creuser les déficits ! C'est extrêmement important ! La vision PS est qu'il faut investir maintenant et faire des économies plus tard ! Ce qui est exactement la raison de la faillite de la Grèce soi dit en passant. Parce que pardon mais j'insiste, la Grèce c'est la faillite du système "tout à l'état providence". C'est un gouvernement socialiste qui vit au dessus de ses moyens pendant 30 ans ! Comme chez nous ! Certes chez eux les libéraux n'ont pas pris leurs responsabilités quand ils en ont eu l'occasion c'est vrai, et la spéculation a porté le coup de grâce c'est aussi vrai, mais ne confondons pas tout, cette immense dette n'aurait jamais du être là ! Parce que tout ce qu'on dépense on doit le financer, et pas par l'emprunt ni par plus de taxe, on est parmi les plus taxés du monde !
Et il ne faut pas non plus dépenser moins, mais dépenser mieux.
Faute de cela, ce n'est pas vers un plan Marshall 2.vert que l'on ira mais vers un plan Interventionisme à la grecque 2.0.


Alors comprenons nous bien, je ne condamne absolument pas le socialisme. C'est un mouvement fabuleux qui a apporté des avancées énormes, il y a 100 ans, 50 ans...
Né à l'époque de mon père j'aurais été socialiste, progressiste ! Mais autres temps, autres moeurs. Le PS belge est dépassé, conservateur, sans aucun acquis engrangé depuis 30 ans. Si le déficit est là aujourd'hui et si nous nous trouvons avec si peu de moyens pour agir, peut-on honnêtement dire que cela n'a aucun lien avec ces 30 ans d'affilée ou les socialistes ont été au pouvoir ? Et pourquoi la flandre qui n'a pas vécu cela va-t-elle mieux ?

Ou comment à un moment ne pas décider de se rendre compte que à ce stade le PS a échoué? Le PS n'a quasi jamais été dans l'opposition de toute ma vie. Il les a eus, il les a re re eus et il les a toujours les leviers du pouvoir.
Encore Paul Magnette ce matin sur actu24.be. Il dit qu'il va lutter contre la fraude fiscale, taxer les transactions financières, et relancer l'économie. Réflexion du journaliste : "le PS est dans le gouvernement sortant, pourquoi ne pas avoir avancé sur ces différents points à l'heure de la crise économique?". Et il pose la question des promesses en l'air. (NDM janvier 2012 : vous les voyez bien les taxes ... sur les transactions et la relance de l'économie que Paul nous promettait?)

Voyons plus haut.
En 30 ans au pouvoir on modèle des générations, on a presque deux générations pour tirer tout le monde vers le haut. Et pourtant on en est là. Mal armés, mal préparés, avec une Wallonie exsangue, clientélisée, paupérisée, avec des jeunes qui ne savent plus écrire et qui ne supportent plus la "politique", avec des infrastructures qui se déglinguent et l'émergence du mot walbanie.
Ou le mot "papa" fait croire qu'il est un débat de fond et où, ce à quoi je ne répondrai pas autrement que pour le dénoncer, on agite des "bains de sang sociaux" et on pousse sur les peurs des gens comme sur des boutons, réflexe identitaire et sécuritaire apanages de l'extrémisme et du manque d'idées.

Et dans une illustration du manque d'idées je condamne absolument la vision selon laquelle BHV est un écran de fumée.
Ce n'est pas un élément anecdotique monté en épingle à des fins purement politiciennes, c'est un point de cristallisation. Quand une situation se fige et empêche tout mouvement.
On peut prendre l'analogie de la tectonique des plaques. Vous avez deux entités, la flandre et la francophonie, qui évoluent côte à côte dans des directions différentes. Il y a des frottements et des heurts mais elles avancent. Comme pour les plaques continentales, à un moment la pression monte en un point qui accroche. Et un jour, un composant cède et c'est le tremblement de terre. C'est cela BHV. Un point de résistance qui empêche les communautés d'avancer. Si on ne fait pas retomber la pression, il y a le potentiel d'un séisme qui bouleversera la Belgique.
L'enjeu ce n'est pas juste des sièges, l'enjeu de BHV c'est le respect des personnes et de leurs droits, c'est le moment ou l'on décide quel sera l'avenir de chacun au sein de la Belgique. Parce que la démocratie ce n'est pas le grand qui impose au petit. Ce n'est pas non plus le grand qui décide que Bruxelles ou sa richesse est à lui et que le petit n'a qu'à se taire. Et dans ce débat, le fait que le PS considère que Bruxelles n'est pas traditionnellement son électorat me fait très peur dans la gestion de la crise.


Parce que la question fondamentale qui se pose aujourd'hui, alors que nous traversons cette grave crise financière et institutionnelle est "quel type de gestionnaires voulons-nous?".

Parce que Zola c'est fini. Nous sommes malgré tout la 18ème nation où il fait le meilleur vivre au monde ou du genre. Tous nos ouvriers ont les congés payés, une pension, une sécurité sociale parmi les meilleures du monde. On n'est pas la chine ou l'Ouganda ou le Brésil ou un de ces dizaines de pays du tiers monde. Là la misère est réelle, les gens vivent avec moins d'un dollar par jour ! Ici nous somme protégés et le système laisse très peu de monde sur le côté et tous les partis veulent encore l'améliorer pour les quelques uns qui passent à travers les mailles.

Mais je comparerai la situation sociale à la construction d'une maison. Le socialisme en a assuré les fondations et la construction d'un édifice social solide. Bravo et merci à lui. Mais là c'est fait. Hors, cet édifice, il faut le terminer. On n'a plus besoin du maçon socialiste. (ceci dit avec beaucoup de respect pour les maçons) On a besoin de spécialistes de la gestion.
Pour fermer toutes ces fuites qui coûtent un pont, pour réorganiser le plan de circulation pour être plus efficace. Pour être certain que tout le monde y soit bien logé. Pour avoir une couverture solide et viable. Il est temps de passer d'un corps de métier à un autre. D'un système à un autre.

Par exemple on doit sortir du clientélisme. Les même règles pour tout le monde. Et au niveau éthique quand je vois des fondamentalistes religieux sur les listes PS... ou tout simplement le refus de condamner les camarades fautifs... voire même de les dédouaner, comme encore dans votre mail...

Parce que oui, il faut gérer mieux et taxer mieux et moins ! C'est un leitmotiv. Il faut réorganiser tout cela.
Je rappelle que le MR veut diminuer la pression fiscale et que Paul Magnette a crié au loup à ce sujet fin mai accusant le MR de "raser gratis" ! (Le Soir) (NDLR 2012 oui, on a vu que le MR de Mr Michel a échangé ses convictions fiscales contre quelques maroquins ministériels)
Et je ne parle même pas du communautaire ou le PS est prêt à de nouveau accepter tout des flamands, sans vision pour l'avenir de l'axe Wallonie-Bruxelles, en échange du poste de premier.

Et c'est pour cela que je posais cette question sur le pourquoi du vote socialiste. Et je suis triste de ne pas encore vraiment avoir de réponses. Si je devais résumer et pardonnez à l'avance la schématisation, on vote principalement PS par peur. Par réaction. Le PS EST lui même réactionnaire... On vote "à gauche" en Belgique parce qu'on a peur que "la droite" protège moins bien les gens et principalement les plus faibles. Ils ne sont pas les meilleurs à gauche, mais on pense que les autres sont pires.

Or pour être de ces partis "de droite" je sais que ce n'est pas vrai. Et je sais aussi que ces partis ont un projet pour la Belgique qui nous emmènerait plus loin, vers plus de bien être pour tous et pour plus de sécurité institutionnelle, sociale et financière.
Avec une sécurité sociale toute aussi importante mais plus viable, avec un rapport avec les autres communautés d'égal à égal, avec un budget en meilleur état.

C'est pour cela que je voterai MR (en tant qu'FDF), et que j'invite le plus de monde possible à le faire.

En vous remerciant pour votre lecture,
Avec mon infini respect pour vos convictions,

06 décembre 2011

Au delà du Communautaire: un Front de Défense des Flamands


La Belgique est malade. Personne ne peut plus le contester. De crisette en crise, de négociations de pacotille en accords bancals, il ne faut pas être très futé pour constater le gouffre qui sépare nos classes politiques.

Notez que je ne dis pas nos électorats!

Car qui peut dire "j'ai rencontré un flamand et on n'avait rien à se dire"? Qui n'a pas des collègues dans l'autre communauté avec qui tout se passe bien? Combien de familles n'ont pas des ramifications des deux côtés de cette barrière linguistique artificielle?
Je suis francophone et je bosse avec des flamands. Je fais la fête à Hasselt avec des flamands. Je discute sur twitter avec des flamands. Je navigue et fais des courses à la voile avec des flamands. Et on a plein de choses en commun.
Un pays parfois gris mais joyeux, une bonhommie, un humour décapant, des frites et du surréalisme, les Too-many DJs, un microcosme culturel délicieux! On se marre et on s'entend bien!

Le problème vient à mon sens d'une déviance de nos classes politiques.

Celle du Nord est en compétition permanente avec elle même dans une surenchère morbide pour décider qui est le flamand le plus pur.
Ils façonnent par là une opinion publique à qui ils font avaler que le wallon est fainéant et que l'autre est la source de tout mal.
Ils entretiennent des stéréotypes coupables et pêchent par démagogie et mensonges éhontés.
Débordés sans cesse sur la droite ils se radicalisent et entrainent avec eux un peuple méritoire mais, comme beaucoup, en perte de repères dans un monde qui change et devient de plus en plus instable.
Quand les quatre partis principaux en sont à retirer aux gens leurs droits fondamentaux on ne peut que conclure qu'il n'y a plus de formations politiques démocrates en flandres!

Celle du Sud est elle dans un marasme profond.
Sur des airs de "tout va bien", "les fondamentaux sont bons" et "la classe politique flamande ne nous veut pas de mal" elle endort son électorat.
Elle n'a pas d'autre projet que de rester en place, pas d'autre ambition que d'être réélue.
Des décennies sans progrès social notable!
Au contraire, la pauvreté augmente, le chômage aussi. Or la gauche n'est elle pas censée combattre la pauvreté? Que fait-elle?!?
Mais las... On entretient des outils économiques hors de prix. On saupoudre d'aides des secteurs non porteurs. On gaspille. On détourne des fonds publics. On perd son temps. On nivelle par le bas.

De cette sombre dualité est sortie pour moi récemment une étincelle salvatrice; sous la forme d'une élue Open-VLD qui dénonçait la classe politique dont elle fait partie dans une interview intitulée "Ils agissent dans la peur". (Le Vif - L'Express, 4 Octobre 2010 )

Elle y disait notamment :
"J'ai plus de compréhension et de sympathie pour le principe du droit des personnes que du droit du sol."

Et concluait en disant des politiques flamands :
"Ils agissent dans la peur, mais c'est de leur faute ! Ils ont appris à leurs électeurs à être de bons Flamands, et ils sont devenus prisonniers de leur rhétorique. Nous avons un besoin urgent d'hommes et de femmes politiques qui fassent preuve d'ouverture et se débarrassent des frustrations du passé !"

Fulgurant ! La prochaine statue qu'on érigera à Bruxelles ce sera elle ou personne. Je n'avais rien lu de plus puissant depuis longtemps. C'est du Spaak! Du discours de femme d'état! Parce que nous n'en avons plus des hommes d'état. Fini ce temps des visionnaires qui nous emmènent au delà des problèmes vers une vision porteuse d'un avenir réel.

Je vous propose de la prendre au mot! Je vous propose de faire précisément ce qu'elle vient de nous dire.

Je lance donc un appel à mes amis flamands ... et au FDF.

Ce dernier est souvent dépeint en flandre comme un parti communautariste. C'est un peu faux mais cela ne s'exprime pas dans les faits. Le FDF défend les droits des francophones car ceux-ci sont attaqués par diverses réglementations restrictives. Il est diabolisé à tort par la classe politique du Nord car il s'oppose à leurs projets. Il a raison de le faire!
Il défend des valeurs, dont une primordiale : le respect des gens!
C'est le seul parti qui n'a pas voulu abandonner les droits des francophones en l'échange d'un poste de ministre. C'est un parti qui a l'habitude de gérer des communes à haut potentiel de friction communautaire mais dont le président est malgré tout nommé meilleur bourgmestre francophone par des... flamands.

Le flamand, la femme et l'homme comme la langue, ont tout autant le droit d'être défendus. Il sont en ce moment attaqués par une classe politique irresponsable qui prone la division au lieu du rassemblement,  l'isolement au lieu de l'ouverture.

Ce n'est pas une fatalité !

J'exhorte mes amis et compatriotes flamands à appeller le FDF pour que celui-ci crée des sections du FDF en flandre afin d'y défendre les droits des flamands, menacés d'isolement communautaire, mais aussi menacés de paupérisation par enlisement et, encore pire, en cas de scission.

J'exhorte le FDF à les accueillir et à se transformer en un appareil bilingue national de défense des droits de tous face aux attaques dont ils sont victimes. Sur le plan social, sur le plan linguistique, sur le plan économique!

J'appelle de mes voeux cette évolution de cette formation politique: Un Front des Démocrates Fédéralistes.
Un parti national uni qui serait la preuve qu'il existe en Belgique des femmes et des hommes de bonne volonté qui veulent s'unir pour que chacun soit respecté dans sa langue; pour que l'on dépasse le conflit linguistique et que l'on travaille ensemble à relancer le pays et estomper les conséquences de la crise économique et ses implications sociales.

Une alternative à la logique qui enferme, casse et sépare.

Un front des flamands et des francophones qui veulent que leurs communautés se respectent et travaillent ensemble à une Belgique meilleure pour tous!


Merci de faire circuler ce texte en partageant via les boutons ci-dessous.

23 novembre 2011

Petite histoire du conflit Belge

C'est l'histoire d'un petit pays où cohabitent des gens différents.

Ben oui comme tous les pays me direz-vous. En effet, à quelques détails près.
Dans ce pays, les gens du nord parlent une langue germanique (le flamand, une espèce de néerlandais). Les gens du sud une langue latine (le français). Et les gens de l'est du sud, une autre langue germanique (l'allemand).

Splendide illu de MABI pour Le Soir

Sauf que ça n'a pas toujours été si tranché. (private joke pour les amateurs d'histoire)

En 1830, à la création de la Belgique, on parle surtout des patois au nord comme au sud. Des patois flamands au nord et des patois wallons au sud.
Et on parle aussi le français un peu partout, mais à des degrés très divers. Parce que le français à l'époque était la langue des cours et des rois et de la haute bourgeoisie. Par volonté d'émancipation sociale, par mimétisme avec le souverain voisin et par rejet des hollandais qui nous avaient conquis, le français s'imposa comme langue nationale.

Qui imposa ce choix? Il faut d'abord rappeler que le suffrage était à l'époque censitaire: il fallait disposer d'un certain revenu pour pouvoir voter. La noblesse et la grande bourgeoisie avaient la main sur les appareils de l'état. La haute bourgeoisie qui était majoritairement .... flamande. Bruges, Anvers, Gand, avaient alors un aura que même Liège n'avait pas. Bruxelles était déjà une ville fort mixte si je lis bien, avec son patois à elle, le brussels, dialecte néerlandais mâtiné de mots français (1).

Bruxelles avait en effet aussi connu une forte arrivée de réfugiés politiques français et de wallons francisés.

L'enseignement obligatoire diffusa également le français. Bref... Le français s'imposa en Wallonie, en flandres et à Bruxelles.

Au mépris, il faut le reconnaître, du flamand. Celui-ci dût attendre le début du 20ème siècle et 1921 pour commencer à être réellement reconnu. Il faut dénoncer cette triste réalité d'un état qui n'a pas pris en compte tous ses citoyens comme il aurait pu.

Un des paradoxes du mouvement flamand est que le français fût imposé à toute la belgique par des représentants majoritairement... flamands. Mais des flamands francophones. Pour s'en dédouaner les flamands disent que c'étaient des "fransquillons". Pas vraiment des flamands quoi.

Et là c'est un autre mythe fondateur du mouvement flamand. Cette croyance en la réalité d'un territoire linguistiquement parfaitement homogène. C'est une illusion. Le flamand du Limbourg ne parle pas le même néerlandais que celui de Kortrijk mais c'est comme ça. Demandez à un Marseillais de parler avec un Brestois. Plein de mots de patois diffèrent et c'est une richesse.

Il faut aussi se rappeler qu'en 1830 les Wallons parlaient le wallon et pas le français. Mais l'effort qui a été fait en Wallonie pour franciser a été assez bien pris. Mon grand-père était puni quand il parlait wallon à l'école. Sans susciter de révolte. Le wallon serait-il plus conciliant? Plus Panurge? Aucun en tout cas ne vote pour un parti qui réclame qu'on reparle le wallon à l'école, sans doute trop conscient du cadeau que représente une langue internationale.

Pour résumer, de longs conflits, des dizaines d'années, en passant le moment ou le mouvement flamand s'acoquine avec le nazisme, en ne s'appesantissant pas sur l'expulsion des francophones de l'Université de Leuven au cri de "Franse Ratten Rol uw Matten"; ("Rats francophones, roulez vos matelas" ... et partez)
Sans trop revenir sur ces marches neo-fascistes de militants flamands pour attester le caractère flamand de tel ou tel endroit, sur les ratonnades de francophones...
On assiste à une flamandisation de l'état aussi et des grands groupes industriels belges. Les postes clefs sont attribués de préférence à un flamand. Il n'y a plus eu de premier ministre francophone depuis une trentaine d'années. (edit: Di Rupo a au moins eu le mérite de changer cela.)
Il faut tout de même préciser qu'il n'existe AUCUN mouvement anti-flamand chez les francophones. Les actions ci-dessus n'ont jamais au grand jamais connu de pendants dans l'autre communauté.

En 1963, les flamands obtiennent une frontière linguistique. Chacun chez soi! Dorénavant les communes d'une Région seront obligatoirement linguistiquement monogames. Fini de se mélanger! Sauf Bruxelles, officiellement bilingue. (Les estimations parlent à ce jour d'une présence de 7 à 8% de néerlandophones à Bruxelles)

En contrepartie et pour tenir compte de la réalité selon laquelle aucun territoire belge n'est linguistiquement pur on crée des communes à facilités. Des communes qui sont dans une région d'une langue mais on leur reconnaît que l'autre langue y a une importance telle que ses habitants doivent se voir préserver le droit de parler leur langue. On crée aussi BHV. Un arrondissement électoral, judiciaire et administratif mixte. Les deux langues y sont reconnues, le système électoral combiné. BHV veut dire "Bruxelles - Halle - Vilvoorde" du nom des communes qui le composent.

La vie évolue et le mouvement flamand se radicalise.  La Belgique se structure en Régions et Communautés. On se sépare de plus en plus. La dernière pierre d'achoppement en date est BHV.  Les flamands veulent séparer Bruxelles de Halle et Vilvoorde. Que l'on puisse voter pour des francophones ou s'adresser à la justice en français dans ces communes flamandes est pour eux une insulte insupportable au caractère flamand de leur région. Or la "minorité" francophone y dépasse de loin les 7%, pouvant aller jusque 20 ou 30%, je cherche le pourcentage exact. Mais ces quelque 80.000 électeurs francophones DOIVENT être assimilés. Niés en quelque sorte. Et les facilités accordées plus haut il faut les supprimer. Qu'une commune à 80% francophones parle le français? Quel crime abominable.

Oui vous avez bien lu. Désolé, il n'y a pas d'autre façon de le dire. Ils s'opposent au droit des gens à parler leur langue dans une région où ils ont toujours habité, parfois depuis des générations.
Ils croient que les métropoles internationales comme Bruxelles ne grandissent pas. Et que si elles le font leurs habitants doivent s'adapter et émigrer en périphérie en acceptant de changer de culture.

A cela s'ajoute un conflit budgétaire. Car la flandre est économiquement pour le moment en meilleure santé. Elle accuse la Wallonie de vivre à ses crochets. Et la Région de Bruxelles d'être mal gérée.

Et pour cause, la Flandre, elle, ne doit pas gérer la fin de la sidérurgie wallonne qui a financé sa survie pendant 130 ans et lui a offert le port d'Anvers et tant d'autres infrastructures.
C'est aussi oublier que d'ici une quinzaine d'années les courbes démographiques feront que sans la Wallonie la Flandre ne saura pas payer ses pensions.
C'est sans compter qu'une grande partie de la prospérité flamande vient de Bruxelles. Et que celle-ci, si elle est mal gérée, c'est aussi à cause d'un territoire trop petit pour lui permettre de se financer seule et "grâce" aux blocages politiques que les flamands causent en utilisant leur sur-représentation dans les instances décisionnelles Bruxelloises.

Mais de précision l'extrémisme Flamand n'a cure.
Ils veulent être chez eux, dans un territoire sans minorité reconnue, avec une frontière linguistique qui s'apparente à une frontière d'état. La wallon est un "fainéant" et le Bruxellois un "gaspilleur".

Il faut préciser que les mouvements dits séparatistes ont obtenu près de 40% aux dernières élections. Il faut aussi dire que quand on confronte un flamand et cette statistique il répond souvent que "ça ne veut pas dire qu'il est séparatiste, il vote pour leur programme économique". Honte ou réel vote de duplicité? Et dangereux avec ça? Bonne question.
Reste que faire sécession pour les flamands signifierait perdre Bruxelles, majoritairement francophone et qu'ils n'y sont pas prêts. Au contraire ils veulent enclaver la ville pour l'emmener avec eux en cas de scission. C'est sans doute une des raisons de leur volonté de scinder BHV. Même si les séparatistes restent minoritaires.
Car bien que minoritaires ils ont le vent en poupe et leurs idées ont du succès auprès de la population. Les flamands sont sensibles au discours des partis radicaux qui se propage du coup aux partis dits traditionnels. Nous avons donc face à nous une classe politique flamande littéralement en train de concourir pour le titre de meilleur flamand. Au risque de s'éloigner de ce que veut le peuple? Peut-être. Ou au risque de le convaincre qu'ils ont raison. Autre radicalisation.

Face à cela les hommes politiques francophones ont toujours été extrêmement timorés. Parant au plus pressé. Cédant pour avoir la paix. Sans jamais porter de réel projet pour les régions francophones.
Car les francophones ils s'en fichent un peu en fait du conflit linguistique. Mais de moins en moins. Beaucoup commencent à en avoir marre ou à penser qu'on ne serait peut-être pas plus mal sans eux mais sans que ce soit réellement répercuté au niveau politique. Lire ceci au sujet des francophones (ook beschikbaar in het nederlands).

Voilà en gros ce qui se passe en belgique. Des flamands qui exigent et qui n'en ont jamais assez au nom d'un repli identitaire non unique en Europe mais néanmoins préoccupant. Des francophones qui cèdent mais qui ne peuvent pas décemment céder beaucoup plus.
A ce jour lors des négociations, ils ont déjà abandonné le respect des droits fondamentaux à l'accès à la justice ou l'administration dans leur langue pour les 80.000 personnes citées plus haut. Que leur reste-t-il en échange... ? Trente deniers... sans doute comme disait un ami récemment.
Et personnellement un peu de honte. La honte que l'on brade le droit des gens pour une éphémère et trompeuse pacification communautaire d'un conflit basé sur le rejet de l'autre.




21 novembre 2011

Politique Fiction - PLauLitique Belche

Nous sommes le 7 janvier 2013. Dans l'attente de la formation d'un gouvernement les députés et le gouvernement ex-Leterme pas si démissionnaire dirigent toujours vaille que vaille un pays au bord de la semaine cruciale.
Et là c'est le drame.
La politique belge s'arrête. Pour peu qu'elle ait un jour avancé hein fieu dis.

Laurent L. (pseudo) a fait passer par erreur une proposition de loi interdisant les propositions de lois. Le titre exact était "Proposition de loi interdisant les propositions de lois qui ne soient ni populistes ni liberticides" mais il y a eu une erreur de manipulation du photocopieur lors d'une séance de body-body de formation avec son assistante. #LauL quoi...

De leur côté les quelques Députés présents non assoupis l'ont votée croyant qu'elle ne s'adressait qu'à lui et qu'ils en seraient ainsi débarrassés. Mais las. C'est l'impasse.

Impossible de déposer une nouvelle proposition de loi qui annulerait cette désormais loi.

Les wallons et les flamands arriveront-ils à se mettre d'accord sur une modification de la Constitution qui sauverait la situation? Laurette L (nom d'emprunt) pardonnera-t-elle à son fils illégitime sa bévue qui risque de la prîîver d'un poste important sur la scène internationale? La C5 merco à nonante mille boules d'Antoine sera-t-elle vendue? Bart mangera-t-il encore des gaufres au chocolat? Vous le saurez en... ha ben non, vous ne le saurez pas.

C'est ballot.

copyright Christian Sarbach


16 septembre 2011

Wat Franstaligen willen

Cet article est une traduction de mon post intitulé "Ce que veulent les Francophones"
Mon néerlandais n'étant pas d'un niveau suffisant, la traduction a été gracieusement réalisée par Sarah. Un énorme merci à elle pour cet énorme travail et sa rapidité à le faire. Merci !
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Hallo iedereen,

Eerst en vooral een voorwoord, want hier begin ik aan een serieuze opdracht.

Ik zeg niet dat ik de waarheid in pacht heb, ver daarvan. Ik ga gewoon proberen uitleggen wat de franstaligen begrijpen, en willen.

En nee, beste Xtophe en anderen, ik heb hiervoor geen wetenschappelijk onderzoek naar gedaan. Nee beste Miguel, ik heb geen representatief aantal personen ondervraagt. Maar als bekwaam waarnemer kan ik een aantal tendensen zien. Dingen waar we het zonder probleem eens over kunnen zijn. Niet iedereen zal zich in mijn tekst terugvinden.

Ik ga de termen « jullie » en « wij » gebruiken ; « jullie », de vlamingen en « wij », de franstaligen. Ik weet dat we hier niet over homogene groepen kunnen spreken.
Ik vind de dualiteit tussen deze twee groepen spijtig. Maar dit is waar we, ongelukkig genoeg, vandaag staan. Ik probeer een perceptie – mijn perceptie – te vertalen, en ik ga me concentreren op de delen waar ik denk dat ze pertinent is. En ik ben niet de woordvoerder van iedereen.

Ik ga beginnen met de « uitgesproken Franstalige nood ». Een notie die op zo een manier uitgedrukt word, dat ze moeilijk aanvaard word.

« Vragende partij van niets »

Deze uitdrukking wordt heel slecht begrepen aan jullie kant van wat meer en meer op een taalgrens tussen landen begint te lijken.

Voor jullie is dit de vertaling van de weigering van de hervormingen. Voor ons niet.

Wat ze eigenlijk vertaalt is dat het de man in de straat in Wallonië niets kan schelen of onze staats instituten of de componenten ervan nu zo of zo heten. Het kan ons echt niets schelen.

Als de Vlaamse politiek dit ding nu zus of zo wil heten, of de organisatie van een deel van de overheid een andere naam wil geven… we-don't-care.
Wij willen alleen maar een staatsorganisatie die werkt en, als mogelijk, deze organisatie verbeteren waar mogelijk. En wij ook « depolitiseren », want ja, « er is misbruik », daarover zijn we het eens.
Dertig jaar PS aan de macht, dat laat z’n sporen na ; dit is een persoonlijke mening, maar een groot aantal anderen zullen het met me eens zijn

Jullie, jullie willen reformeren. En eigenlijk zouden wij dit graag samen met jullie doen.

Alleen, voor jullie is reformeren verantwoordelijkheden overbrengen, en federale entiteiten uit elkaar halen. En da’s iets minder goed.

In naam van een regionalisme of nationalisme dat wij van slecht allooi vinden…

…waardoor jullie het evenwicht breken.

Waarom van slecht allooi ? Omdat de grootste gruwelijkheden gepleegd zijn in de naam van het concept « natie ». In tegenstelling tot wat er door een deel van Vlaanderen, deel dat wij met schrik steeds groter zien worden, gezegd word, is geen enkele natie beter dan een ander.

Er is geen Übermensch. Niet in Vlaanderen en nergens anders. Er is ook geen luie en profiterende Waal.

Zich terugtrekken achter een monolithische identiteit zal jullie nergens brengen. Het is door openheid dat m’n verder geraakt. Ik zou jullie eraan willen herinneren dat jullie Keltisch, Spaans, Engels, Frans en zelfs Viking bloed hebben… En dat jullie een tiental verschillende dialecten van het Nederlands spreken…

De stoute Franstalige die de Vlaming wil tegenhouden om Vlaams (of Nederlands) te spreken, bestaat niet. Geen enkele waal heeft ooit geprobeerd om jullie rechten te beperken. In tegendeel, de wetten die de minderheid franstaligen in Vlaanderen beschermen, beschermen eveneens de minderheid Nederlandstalige in Franstalig België, en dat is ok.

Zelfs als de mythes van de stichters van het Vlaamse nationalisme, gebaseerd op de onderdrukking op taalvlak in de ingravingen of ergens anders, waar zouden zijn, ik zou jullie erop willen wijzen dat deze personen niet meer in leven zijn.

Vlaanderen zal niet rijker worden zonder Wallonië. « Wie financiert wie » is een veranderend en cyclisch onderwerp. Gedurende een hele tijd zou de Boerenbond niet gefinancierd kunnen geweest zijn zonder de Waalse metaalsector. De haven van Antwerpen is gefinancierd geweest door de federale overheid. Net zoals Zaventem. De pensioenen zullen ervoor zorgen dat het evenwicht van de transferten Noord-Zuid teruggevonden zal worden. Het onderwerpt is al snel complex, zeker als we rekening gaan houden met het BBP van Brussel dat naar Vlaanderen vloeit.

Democratie?

Om, wat jullie zien als een emancipatie en wij als een identitaire en egoïstische terugplooiing, te verwezenlijken, nemen jullie afstand van de principes van de democratie.

Democratie, dat is niet de meerderheid die zijn kracht wil gebruiken om de rechten van de minderheid te verminderen.

Het is even minder een deel van de bevolking die een ander deel wil onderdrukken. Het gaat over een representatief samengestelde groep die waakt over iedereen, en niemand in de kou laat staan.

Het is ook niet stemmen voor vertegenwoordigers die sympathiseren van extreem rechts.

Wat zijn echter de methodes van de politieke emancipatie van Vlaanderen ?

De tellingen rond taalgebruik worden afgeschaft, het bestaan van een deel van de bevolking wordt gedematerialiseert.

Franstalige regio’s worden ingelijfd (laat ons de Voerenstreek niet vergeten).

M’n wil een Franstalige het recht ontzeggen om zich in zijn taal uit te drukken voor het gerecht.

M’n wil hem verhinderen om een huis te kopen. Hij moet en zal integreren, zonder rekening te houden met z’n verschillen.

M’n belooft Brussel te zullen doen stikken door de fiscaliteit.

Methodes uit een andere tijd, die rillingen geven.

Evolueren

Wij begrijpen trouwens heel goed het gevoel van ongemak in de rand. Soms voelen we ons voorbijgestreven in een wereld waar alles zo snel evolueert. Wij hebben allemaal al eens schrik gehad van de « Poolse loodgieter ». Europa groeit verder, en wij voelen ons er niet altijd op ons gemak.
Dit ongemak is niet altijd gerechtvaardigd. In ieder geval niet op vlak van politieke recuperatie.

Door de Franstaligen in de rand te stigmatiseren blokkeren jullie de natuurlijke evolutie van de metropool dat onze gezamenlijke hoofdstad is.

Ik ga jullie iets vertellen : er is geen plan te verfransing van de rand. Geen financiële of ideologische prikkels om in Vlaanderen te gaan wonen. Integendeel, er zijn een groot aantal remmen. Remmen om vlak van eigendom, het gebruik van z’n eigen taal, deelname aan culturele activiteiten, toegang tot justitie, toegang tot medische zorg, onderwijs, administratieve diensten…

Maar de mensen komen toch. Alleen maar om jullie het leven zuur te maken ? Om de rand kost wat kost te verfransen ?

Neen ! Ze komen niet voor hun plezier of omdat jullie toffe buren zijn, maar omdat ze geen keus hebben

Ze komen daar wonen door de hoge druk om vlak van onroerendgoed in Brussel, en omdat ze dicht bij hun werk wensen te wonen.

En ze hebben het recht om hun identiteit op gebied van taal en cultuur te behouden. En onthoud dat ze hun terrein aan Vlamingen kopen, die ze betalen. Ze huren hun appartement van Vlamingen, die ze betalen. Ze doen beroep op Vlaamse immobiliën kantoren, die ze betalen.

Deze diversiteit is goed voor iedereen ! De financiële inbreng ook.

Vlaamse leerlingen hadden de mogelijkheid om een andere internationale taal te leren en spreken, en dit zonder hun identiteit te verliezen. Maar vandaag leren minder leerlingen Frans, het verlies van deze tweetaligheid bestraft jullie kinderen, niet ons. En dit alles voor een fout gevecht.

En ja, hierboven spreek ik over stereotiepen. Niet altijd even nauwkeurig, da’s zeker, en er staan ook misschien wel fouten in. Maar wanneer ik m’n kladtekst rondom mij laat lezen, gaat iedereen akkoord met mij, afgezien van een aantal details.

Nu gaat u me zeggen « maar wat willen de Franstaligen dan ? »

Oh, drie keer niets. Kijk maar :

- een solidaire staat
- waar niemand gepest word
- waar iedereen zich kan uitdrukken in zijn eigen taal en wonen waar hij wil
- waar m’n onthaalt word zonder van iets verdacht te worden
- waar m’n geen schrik heeft van een ander
- waar m’n zijn eigen cultuur positief bevorderd en niet door die van anderen te verbieden.

Een dynamische en positieve staat, waar m’n meer bezig is met het ontwikkelen van kennis en opportuniteiten dan met het ‘schieten’ van circulaires en met de Raad van Staten.

Een staat waar iedereen bewust zijn identiteit opneemt, zonder complexen noch van inferioriteit, noch van superioriteit.

Want de situatie is ernstig.

Als Vlaanderen barrières en grenzen blijft stellen, dan zullen de Franstaligen hetzelfde stomme spel moeten spelen. Om zich te beschermen.

Want wij gaan geen 150.000 Franstaligen achterlaten in een regio waar ze gepest gaan worden. Een « natie » laat geen burgers achter. Vandaag zijn het Belgen. Voor ze het morgen niet meer zijn, zullen wij ze als Belgen proberen beschermen.

In deze zin is de uitbreiding van Brussel de enige garantie voor het respect van onze rechten.

Want als jullie de rechten van de Franstaligen wensen te begrenzen zonder compensaties, dan zullen we geen andere keuze hebben dan het land te splitsen.
We gaan de splitsing moeten voorbereiden.
En we hebben er geen schrik van.
Of beter, we hebben er vandaag geen schrik meer van.
En dit dankzij de Vlaamse nationalisten.

Al deze jaren van crisis hebben ervoor gezorgd dat de Walen en Brusselaars steeds vaker deze, voor koppels in moeilijkheden een bekende, zin herhalen : « Beter alleen dan in slecht gezelschap’.
En zijn jullie echt wel goed gezelschap ? Willen jullie dit zijn ?

De Waal is misschien een levensgenieter, maar als hij onderdrukt word, staat hij op en vecht terug !

Net zoals hij gevochten heeft aan jullie zijde tijdens de gulden sporenslag et sinds 1830 (als u denkt dat de gulden sporenslag een Vlaamse overwinning was, dan kan u hieraan meten hoe ver het propaganda van de nationalisten gaat).

Net zoals hij terug aan jullie zijde zou vechten om van België een plaats te maken waar het goed is om te leven, allemaal samen..

Want er zijn veel uitdagingen !

Ervoor zorgen dat onze kinderen open, hartelijke, meertalige, goede en positieve mensen worden.

De pensioenen en de sociale staat redden.

De entrepreneurs dynamiseren en de creatie van nieuwe en stabiele jobs weer op gang brengen dankzij vorming.

Ons uiteengespat politiek model weer tot een federaal systeem brengen waar iedereen achter staat.

Bericht aan de mensen van goede wil !

14 septembre 2011

Ce que veulent les Francophones

Ou ma petite pierre à l'édifice de la compréhension mutuelle en Belgique.
Deze artikel is ook beschikbaar in het Nederlands.
Als mijn Nederlands niet goed genoeg is, het vertaaling was door Sarah gedaan. Veel bedankt Sarah!
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Bonjour à tous, 

Tout d'abord, un préambule, parce que je m’attaque à un gros morceau.

Je ne prétends pas détenir la vérité, loin de là. Je vais tenter de vous expliquer ce que je perçois de ce que les Francophones comprennent et veulent.

Alors, non, cher Xtophe et tous les autres, je n’ai pas fait d’étude scientifique d’opinion. Non, cher Miguel, je ne suis pas un échantillon représentatif. Mais en tant qu’observateur assez averti je vois se dégager des tendances. Des choses sur lesquelles on peut s’accorder sans trop de peine. Tout le monde ne se retrouvera pas dans mes propos.

Je vais utiliser les termes « vous » et « nous » ; «vous», les Flamands et «nous», les Francophones. Je sais que ces groupes ne sont pas homogènes.
Je regrette aussi cette dualité entre ces deux «groupes» qu’on oppose. Mais nous en sommes malheureusement là. Je tente de traduire une perception — la mienne — et je vais me concentrer sur les domaines où je la pense pertinente. Et je ne suis le porte-étendard de personne. 

Je commencerai par le «besoin francophone exprimé». Une notion que l’on reprend sous un vocable difficile à faire passer :

« Demandeurs de Rien »

Cette formule est très mal comprise de votre côté de ce qui ressemble de plus en plus une frontière entre États.

Elle évoque pour vous le refus des réformes. Pas pour nous.

Ce qu'elle signifie pour nous c'est que l'homme de la rue en Wallonie n'en a rien à caler du type de nos institutions ou de comment s’appellent ses diverses composantes. On s’en fiche.

Si la classe politique flamande veut donner tel nom à tel truc, ou changer l’organisation de telle partie du gouvernement… we-don't-care.
Nous voulons juste un appareil qui fonctionne et, si possible, l'améliorer un peu. Et nous voulons dépolitiser aussi, parce que oui, « y’a de l’abus »; à ce sujet on est d'accord avec vous.
Trente ans de parti socialiste au pouvoir, ça laisse des traces ; là c’est plutôt un avis personnel, mais beaucoup seront d’accord. (update: désolé pour mes amis socialistes, que cette phrase embête beaucoup. Elle est là comme rappel du fait que 65% de la wallonie ne vote pas PS; malgré les 35% du PS, des majorités alternatives sont possibles, ce n'est pas une fatalité)

Vous, vous voulez reformer. Et en fait, on serait volontiers partants pour le faire avec vous.

C’est juste que pour vous, réformer, c'est transférer des pouvoirs et séparer nos entités fédérales.
Et là ça va un peu moins bien.

Au nom d'un régionalisme ou nationalisme que nous trouvons du plus mauvais aloi…

…vous rompez l'équilibre.

Pourquoi de mauvais aloi? Parce que le concept de nation est une idée au nom de laquelle on a commis les pires atrocités. Contrairement à ce qui se dit dans une certaine Flandre que d'un air effaré nous voyons s'étendre, aucune nation ne vaut mieux qu'une autre.

Il n'y a pas d'Übermensch. Ni en Flandre ni ailleurs. Il n’y a pas non plus de Wallon fainéant et profiteur.

Le repli sur soi et sur une soi-disant identité monolithique ne mènent à rien. C'est par l'ouverture que l'on progresse. Je rappelle que vous avez du sang celte, germanique, espagnol, anglais, français, viking même… Et que vous parlez une bonne dizaine de néerlandais différents…

Il n’y a pas non plus de méchant Francophone qui tenterait d’empêcher le Flamand de parler Flamand (ou néerlandais). Aucun wallon n’a jamais tenté de limiter vos droits en ce sens. Au contraire, les textes qui protègent les minorités Francophones en Flandre protègent aussi les minorités flamandes en Francophonie belge et c’est très bien ainsi.

Par ailleurs, même si les mythes fondateurs du nationalisme flamand basés sur l’oppression linguistique dans les tranchées ou ailleurs étaient fondés, je vous signale qu’aucun de leurs acteurs n’est plus en vie.

La Flandre ne sera pas plus riche si elle s’affranchit des francophones. «Qui finance qui» est un sujet changeant et cyclique. Longtemps le Boerendond n’aurait pu être financé sans la sidérurgie wallonne. Le port d’Anvers a été financé par le fédéral. Tout comme Zaventem. Les pensions rétabliront l’équilibre pour autant qu’il y ait effectivement des transferts Nord-Sud. Le sujet devient vite complexe, surtout quand on mesure l’apport de PIB de Bruxelles vers la Flandre.


Démocratie?


Pour réaliser ce que vous voyez comme une émancipation et que nous percevons comme un repli identitaire égoïste, vous vous distancez des idéaux démocratiques.

La démocratie ce n'est pas la majorité qui impose sa force pour réduire les droits de la minorité.

Ce n’est pas une partie du peuple qui opprime une autre partie du peuple. C’est un corps représentatif constitué qui veille au bien de tous, au détriment de personne.

Ce n’est pas non plus voter pour des représentants qui ont plus que des liens de sympathie avec une extrême droite liberticide.

Or, quelles sont les méthodes de l’émancipation politique flamande ?

On supprime les recensements linguistiques, on dématérialise l’existence d’une population.

On annexe des régions francophones (on n'a pas oublié Fourons).

On veut supprimer la possibilité pour un francophone établi dans une commune depuis toujours de s’adresser à la justice dans sa langue.

On veut l’empêcher d’acheter une maison. On veut l’assimiler, faisant fi de sa différence.

On promet d’asphyxier Bruxelles, de l’étouffer par la fiscalité.

Des méthodes d’un autre temps; qui font froid dans le dos.

BHV

Et c’est exactement ce qu’il se passe pour BHV. Ce fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde.
Sous prétexte d’être « chez soi » la Flandre touche à ce précieux équilibre, ce qui explique une certaine crispation francophone.

Voyez plutôt :
Un jour les Flamands ont réclamé une frontière linguistique pour empêcher que le français s’étende en une sombre tâche d’huile. Les Francophones ont accepté, comme vous le savez.
Mais aux alentours de Bruxelles se trouvaient des communes avec de très forts pourcentages de Francophones. Parfois une majorité de francophones.

Pour tenir compte de cette réalité nos édiles ont créé BHV, un arrondissement mixte avec des droits mixtes. Ils ont aussi inventé les communes à facilités.

Aujourd’hui vous voudriez supprimer la mixité de cet arrondissement. Ainsi que les facilités.
Et que recevrions-nous en échange ? Rien. Peanuts.
Comment protégerons-nous ces cent cinquante mille francophones pour leur permettre de s'exprimer dans leur langue dans la vie publique ou même pour tout simplement jouer au tennis ?
Ha ben non, qu’ils deviennent Flamands.
Est-ce là réellement une solution démocrate ?
Pour un Francophone, toucher à BHV c’est toucher à la frontière et cela doit aller dans les deux sens.

Evoluer

Nous comprenons assez bien par ailleurs le malaise qui peut être ressenti en périphérie. Par moments on peut se sentir dépassé quand le monde évolue trop. Nous avons tous eu peur un jour ou l’autre d’un « plombier polonais ». l’Europe s’étend et nous ne nous y sentons pas toujours à l’aise.
Ce malaise n’en est pas plus légitime pour autant. Du moins, en termes d’utilisation politique.

En stigmatisant les francophones du Rand, vous vous opposez à l'évolution naturelle de la métropole qu'est notre capitale fédérale commune.

Je vais vous apprendre quelque chose: il n'y a pas de plan de francisation de la périphérie.
Aucun incitant financier ni idéologique à aller s'installer en Flandre. Au contraire il y a plein de freins. Des freins à l'accès à la propriété, à l'emploi de sa langue, à la participation aux activités culturelles, à l’accès à la justice, aux soins hospitaliers, à l’éducation, aux services administratifs...

Mais les gens viennent quand même. Juste pour vous embêter? Pour franciser coûte que coûte la périphérie?

Non ! Ils ne viennent pas par plaisir ni parce que vous êtes des voisins accueillants mais parce qu’ils n'ont pas le choix.

Ils sont poussés là par la pression sur les prix de l'immobilier bruxellois et par la nécessité d'habiter près de leur lieu de travail.

Et ce faisant ils ont le droit de conserver leur identité linguistique et culturelle.
Et rappelez-vous qu’ils achètent leur terrain à des Flamands, qu’ils payent. Ils louent leurs appartements à des Flamands, qu’ils payent. Ils font appel à des agences immobilières flamandes, qu’ils payent.

Cette diversité est bénéfique pour tous ! Son rapport financier aussi.

Les élèves Flamands avaient l’opportunité, sans perdre leur identité, de pouvoir parler nativement une langue internationale. 
Au lieu de cela, l’apprentissage du Français est en recul, une perte de bilinguisme qui pénalise vos enfants, pas nous. Et tout cela à cause d’un mauvais combat.

Alors oui il y a des stéréotypes ci-dessus. Des imprécisions, sûrement, des erreurs également. Mais quand je fais lire lire mon brouillon autour de moi, je note que l’assentiment est largement majoritaire quasi unanime sauf pour des détails en fait.

Vous me direz, «mais alors, que veulent les francophones ?»

Oh, trois fois rien. Regardez :

- un État solidaire

- où l’on ne brime personne

- où chacun peut s’exprimer dans sa langue et habiter où il veut

- où l’on accueille sans arrière pensée

- où l’on n'a pas peur de l'autre

- où l’on promeut sa culture positivement et pas en interdisant celle des autres

Un État dynamique et positif, où l’on passe plus de temps à développer les savoirs et les opportunités qu’à se tirer dessus à coups de circulaires et de Conseil d’État.

Un État où chacun assume son identité sans complexe, ni d’infériorité ni de supériorité.

Parce que le moment est grave.

Si la Flandre persiste dans l'établissement de barrières et de frontières, les Francophones devront jouer au même jeu stupide. Pour se protéger.

Parce qu’on ne va pas laisser 150.000 francophones derrière nous dans une région qui va les brimer. Une «nation» n’abandonne pas ses ressortissants. Ils sont Belges aujourd’hui. Avant qu’ils ne le soient plus demain, c’est en tant que Belges que nous chercherons à les protéger.

Parce que dans cette optique, l’élargissement de Bruxelles est pour nous la seule garantie valable de respect de nos droits.

Parce que si vous voulez limiter les droits des Francophones sans cette contrepartie il n’y aura pas d’autre choix que de scinder le pays.
On va devoir se préparer à la scission.
Elle ne nous fait pas peur.
Ou mieux, elle ne nous fait plus peur.
Et cela c’est grâce aux nationalistes flamands.

Toutes ces années de crise font que de plus en plus de Wallons et de Bruxellois se répètent cette phrase célèbre des couples en difficulté : «Mieux vaut être seul que mal accompagné» 
Et êtes-vous encore vraiment de bonne compagnie ? Voulez-vous l’être ?

Le Wallon est peut-être un bon vivant mais quand on l’opprime il se lève et se bat !

Comme il s’est battu à vos côtés lors de cette fameuse bataille des éperons d’or et depuis 1830. (Si vous croyiez que les éperons d’or était une victoire purement flamande, que cela vous serve à mesurer l’étendue de la propagande nationaliste.)

Comme il se battra encore à vos côtés pour faire de la Belgique un lieu où il fait bon vivre ensemble.

Parce que les défis sont nombreux!

Faire de nos enfants des humains ouverts, accueillants, multilingues, bons, positifs.

Sauver les pensions et l’état social.

Dynamiser nos entreprenariats et relancer la création d’emplois stables via la formation.

Transformer notre modèle politique éclaté en un fédéralisme fédérateur.

Avis aux hommes de bonne volonté !







Hugues


Edit 21/11/11
Pour ceux que ça intéresse lisez aussi : Comment on en est arrivé là: ma Petite histoire du conflit belge.




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Je tiens à remercier mes relecteurs; vos avis et encouragement ont beaucoup pesé dans la parution de ce texte. 

Merci aussi à tous les twittos qui suivent et participent chaque jour aux discussions sur #beGov et jusque #neverGov.
Un merci particulier à Marcel Sel dont l'engagement sans faille et le blog ne sont pas pour rien dans mon effort et pour  avoir corrigé quelques expressions et quelques passages où j'étais moins clair. Merci aussi pour les deux trois idées qu'il a apporté. Marcel tu pourras te moquer de moi la prochaine fois que je dis que tes articles sont trop longs. 

H



Post scriptum: si quelqu'un voit une jolie illu sur l'amitié FR/VL libre de droits je suis preneur. Merci
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