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14 janvier 2014

Impressions de campagne : Tête de...

Un dimanche, le 12 janvier.

13 heures, le téléphone sonne. C'est le parti. 
Après les quelques phrases d'usage; "Tu aurais été retenu. Je ne peux pas garantir qu'il n'y aura pas un retournement de dernière minute, et le Conseil Général doit approuver, mais à 95% c'est sûr."

Un mélange de boule dans l'estomac, de joie contenue, d'incrédulité.
Je raccroche.
Je sors de la chambre où j'étais allé prendre l'appel.
Les enfants montent des Légo. On va passer à table, c'est un hachis parmentier. Ca sent fort et ça sent bon.

Maman demande "Tu manges avec nous, tu as le temps?"
Moi: "C'est à 14h30, ça dépend quand on mange...
Dis, le coup de fil... Je l'ai. C'est pas sûr sûr mais ce serait moi."

On mange dans un climat de joie contenue et d'attente. Je mange peu. La boule...
Les kids plaisantent. Il fait beau, soleil du dimanche par la fenêtre sur le Parc d'Avroy.

A Gembloux je retrouve le comité Liégeois, les têtes connues de Bruxelles et d'ailleurs...
"Content de te revoir!", dit untel. "Moi aussi, vraiment!" Et c'est vrai, ça fait du bien de retrouver ces enthousiasmes, ces énergies. Ces gens avec qui on partage un but et déjà quelques combats côte à côte.
Les FDF, ça fonctionne un peu comme une grande famille.
Assis dans le cinéma, les listes s'égrènent. FDF Brabant Wallon. Hainaut. Liège.
"Et enfin tête de liste : Hugues Lannoy"

Choc. Mille images. Et si ceci. Et si cela. Et comment va le prendre untel. Ils m'ont fait confiance. Et le boulot, s'ils ne comprennent pas? Le temps que ça va prendre. La volonté de réussir. La surprise surtout, malgré le fait d'avoir été prévenu...
On passe aux votes. Quasi-unanimité.
Fêter ça avec le comité Liégeois, boire une bière.
L'aboutissement d'une démarche personnelle lancée en 2009. Le soutien de Christophe... Merci. 
Je vais remercier la Commission Electorale sur la scène et son président Monsieur le Sénateur Roelants.
On passe aux listes Bruxelloises. Les discussions sont plus nombreuses mais on sent les membres rassemblés. Approuvées à 69% pour une et 80% et des pour l'autre.
On peut tous boire un verre. Serrer, ému, la main du Président, le remercier.

Le retour sur une sorte de nuage, les pieds un peu au-dessus du sol, on discute programme avec Laurent. Le déposer à Ans où les FDF ont déjà leur premier conseiller communal.
Aller rechercher les kids, jouer, leur expliquer, en rire.
- "Papa moi je vais voter pour toi, je vais voter RDF!" Re rires.
- "Papa, si tu vas voter des lois, tu nous diras ce qu'on doit faire avec les nouveaux règlements?"
- "Promis mon chéri, pas de nouveaux règlements pour les petits garçons qui font des câlins."

Les mettre au lit, câlins; un coup de fil d'un ami, des sms, messages d'un peu partout... Les têtes de liste ont fuité dans la DH...

Message de G: "A la chambre? Ha ha ha ! Et qui au lit?"

Avec qui je ne sais pas encore mais je m'en fiche, maintenant je suis tête de lit, à la chambre.
Mais avec la quantité de boulot à abattre, pas sûr que je passe beaucoup de temps dans la mienne, de chambre :)

Affiche par ce grand fou de Waldorf_be (et un peu corrigée quoi :p :)






18 novembre 2011

Réponse du Ministre Henry (ecolo) au courrier d'UrbAgora - Tram Liège

Image source ©GRE
"Madame, Monsieur,

Nous avons bien reçu votre courriel relatif aux choix de tracé de l’axe 1 du
tram de Liège.

Croyez bien que nous comprenons vos préoccupations et que nous partageons
votre analyse : le tram est un projet d’ampleur qui nécessite que de bonnes
décisions soient prises. Permettez-moi de vous rappeler que le Gouvernement
wallon s’est engagé résolument, dès son installation, à concrétiser ce
dossier qui n’était alors qu’au stade de projet.

Nous avons souhaité envisager un tram qui s’insère dans un cadre plus large,
structurant l’agglomération : une organisation multipolaire et hiérarchisée
du service, et qui améliore profondément la mobilité et la qualité de vie en
transformant le réseau de transport en commun.

En mars 2010, le Gouvernement wallon confirmait l’ampleur, inégalée en
Wallonie, de l’investissement : 500 millions d’euros. Il validait également
un corridor pour le tracé du tram, de Jemeppe à Herstal, en passant par les
Guillemins et Saint-Lambert.

Ce projet en main, nous avons consulté les conseillers communaux des
communes concernées dans l’agglomération liégeoise. Nous avons rencontré
également le TEC Liège-Verviers, les Commissions Consultatives Communales
d’Aménagement du Territoire et de Mobilité (CCATM), les associations
concernées (dont celles actives dans le domaine de l’environnement, de
l’urbanisme…), des représentants des commerçants et de la société civile
organisée lors des Ateliers urbains. Enfin, nous avons permis, grâce à un
soutien financier conséquent, l’organisation par la plate-forme associative
« TramLiège.be » d’un forum « Faire du tram un projet de long terme à Liège
».

A de multiples occasions depuis un an et demi, les questions que vous
soulevez dans votre courrier ont été abordées sur base d’études fouillées,
techniques et/ou financières.

Prenons un exemple symbolique : la desserte du quartier Saint-Léonard. Cette
desserte a été abordée dès octobre 2010. Les conclusions étaient claires :
l’impossibilité de faire passer le tram au cœur du quartier Saint-Léonard.
En juillet 2011, les bureaux d’études ont malgré tout affiné l’analyse.
Conclusion : ce tracé aurait pour conséquence l’expropriation de
pratiquement l’ensemble des numéros pairs de la rue Saint-Léonard, ou
l’ensemble des numéros impairs de la rue Lamarck car ces rues ne sont pas
assez larges pour permettre le passage du tram. Et même en expropriant la
moitié de ces rues et en supprimant l’ensemble des places de stationnement,
vu la fréquence des trams, les livraisons, déménagements ou travaux seront
rendus au mieux extrêmement difficiles, au pire impossibles. Ayant à cœur la
qualité de vie des Liégeois, nous souhaitons que le tram soit une réelle
plus-value, plutôt que l’arrêt de mort de certains quartiers.

Il revient maintenant au Gouvernement wallon de valider les dernières
options relatives au tracé. Pour des raisons d’agenda, il n’a pu le faire
cette semaine. Comme un grand nombre d’autres points de l’ordre du jour de
ce jeudi 10 novembre, le projet de tracé sera discuté lors de la réunion du
Gouvernement wallon de la semaine prochaine.

Le tracé, enfin prêt pour les études techniques et les plans, sera soumis -
c’est une obligation légale - à une double enquête publique (autour de juin
2012 et de février 2013).

Au cours de ces deux procédures, les informations complètes seront à votre
disposition, et chacun sera libre d’exprimer ses remarques et suggestions,
dont nous aurons légalement l’obligation de tenir compte.

Mais je veux aller plus loin : dès avant ces enquêtes publiques, nous irons
à votre rencontre dans les quartiers pour vous expliquer le projet de tram.
Vous aurez ainsi toutes les cartes en main pour vous prononcer, en
connaissance de cause, lors des enquêtes publiques. Cela nous permettra
également d’encore mieux appréhender vos préoccupations.

Le projet de tram pourra ensuite poursuivre son chemin, vers le début des
travaux (fixé à la mi-2014) et sa mise en service à l’occasion de
l’exposition internationale qui ne manquera pas d’être organisée à Liège en
2017.

C’est donc ainsi, à votre service, que nous bâtissons le projet de tram.



Philippe Henry
Ministre de l'Environnement,
de l'Aménagement du territoire et de la Mobilité
Rue des Brigades d'Irlande, 4 - B-5100 Jambes




_________________________


Courrier envoyé aux ministres, bourgmestres et intervenants : 


Oui au tram, non à ce tram

Monsieur le Ministre-président,
Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Bourgmestres,
Monsieur le Secrétaire du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité de pilotage du tram,

Ayant appris que le gouvernement wallon pourrait prendre une décision
définitive concernant le tracé du tram de Liège dès ce jeudi 10 novembre, je
m’adresse à vous pour vous demander de reporter ce point. Il me semble en
effet que les attentes que les habitants de la ville et les usagers du
transport en commun sont en droit de former à l’égard d’un investissement
aussi important ne sont pas encore rencontrées.

D’abord, ce tram semble conçu sans lien avec le transport ferroviaire. La
complémentarité entre le train — qui permet des déplacements rapides à
travers toute l’agglomération — et le tram — que sa capacité destine à la
desserte des zones les plus denses et des tronçons les plus chargés du
réseau — semble absente. Il serait à mes yeux incompréhensible qu’un projet
de cette ampleur ne s’inscrive pas dans un concept intégré de mobilité à
l’échelle de l’agglomération, associant le développement d’un réseau express
ferroviaire, le redéploiement du réseau de bus, la mise en valeur du vélo,
une politique de stationnement automobile adaptée et l’organisation
systématique de l’intermodalité. Cette dimension est quasiment absente de
l’étude que vous avez commandée. Je souhaite, à cet égard, que soit tenu
compte des conclusions du Plan urbain de mobilité (PUM) qui a étudié cette
question mais n’a toujours pas été publié à ce jour. Plus concrètement, je
vous demande de faire de l’intégration tarifaire entre le train et le
transport urbain une priorité : je souhaite pouvoir utiliser tout titre de
transport TEC sur le réseau urbain de la SNCB et inversement. Il est
également indispensable que le tracé du tram permette de passer aisément
d’un mode à l’autre, notamment en passant par la gare d’Herstal ou la Place
Vivegnis.

Par ailleurs, en choisissant de construire une ligne unique en fond de
vallée plutôt que d’amorcer un réseau, le tram tel qu’envisagé est loin
d’optimiser l’investissement. Il laisse de côté des quartiers très peuplés
et où les problèmes de mobilité sont considérables — Sainte-Marguerite ou le
Longdoz, notamment, deux quartiers dans lesquels il est difficile, à l’heure
de pointe, de monter dans un bus — pour desservir des zones (Tilleur ou
Basse-Campagne) où la demande prévisible ne justifie pas à ce jour le
déploiement d’un mode aussi lourd que le tram.

Ensuite, en optant pour un tracé tangentiel aux quartiers, en imposant le «
rabattement » de nombreuses lignes de bus (par exemple la ligne 58, vers le
Sart-Tilman) vers le tram et en ne s’arrêtant, en moyenne, que tous les 750
mètres, le projet actuel pourrait dégrader la qualité du service de
transport en commun offert à une part significative de ses usagers actuels.
Je vous demande dès lors d’opter pour un tracé plus urbain, passant au cœur
des quartiers et s’arrêtant plus souvent que ce qui est aujourd’hui prévu.
Et de maintenir certaines liaisons de bus essentielles, comme la liaison
directe entre le centre-ville et le campus du Sart-Tilman.

Enfin, ce projet ne s’est accompagné, à ce jour, d’aucune concertation
publique. Aucune séance d’information accessible à tous les citoyens n’a été
organisée. Le Conseil communal de Liège n’a jamais tenu un débat en séance
publique sur ce dossier. L’information concernant le projet reste largement
inaccessible pour le public. Comment envisager l’adhésion de la population
dans ces conditions ? Il semble donc urgent, avant toute décision, de mettre
en place une réelle concertation publique, qui permettra sans nul doute
d’améliorer le projet, au bénéfice de la collectivité.

En espérant que vous tiendrez compte de cette requête, je vous prie
d’agréer, Monsieur le Ministre-président, Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Bourgmestres, Monsieur le Secrétaire du gouvernement, Mesdames
et Messieurs les membres du Comité de pilotage du tram, mes très cordiales
salutations.


21 octobre 2009

Médiacité Liège - Oui c'est joli... mais...




Outre la pertinence d'un centre commercial supplémentaire à un kilomètre de Belle-île et de Saint-Lambert,
outre l'absence de toute étude de mobilité,
outre donc l'afflux supplémentaire de 4000 véhicules par jour sur un Quai Orban déjà saturé,
outre le fait que l'on coupe en deux le quartier du longdoz, concession faite d'un maigre couloir,
outre le rétrécissement de la rue Gretry que les usagers seront "dissuadés" d'emprunter, alors qu'on y roule déjà au pas une majeure partie de la journée...

Outre tout ceci donc, voici un extrait d'article paru dans Culture, le magazine culturel de l'Université de Liège : ( http://culture.ulg.ac.be/jcms/prod_132052/la-mediacite-de-liege - merci Manu pour le lien)

Il a été écrit par Pierre Henrion, historien de l'art, enseignant à l'E.S.A-Académie des Beaux-Arts de Liège et conservateur au Musée en plein air du Sart Tilman.

[...]
"Les limites de mon article ne permettent pas d'analyser en profondeur ce que révèle cette rhétorique « bling bling » [celle du livret de présentation ndlr] . On sait très bien que la Médiacité ne sera qu'un centre commercial comme les autres, avec la même sorte de magasins qu'à Belle-Île ou qu'à l'îlot Saint-Michel et la même ambition : faire de l'argent. Mais on voudrait nous faire croire que non : ici, ce sera un « centre commercial culturel ... ou l'inverse », écrit Raymond Balau sur un ton sarcastique (Médiacité (Liège) : www.ronarad.com in L'Art même, n°41, p. 43). Il y a même des cautions culturelles comme les futures installations de la RTBF et surtout l'intervention d'une vedette de la création contemporaine : Ron Arad, enfant terrible du design britannique aujourd'hui consacré par une rétrospective présentée à Paris au Centre Pompidou et au Moma de New York.

On sait aussi très bien que les promoteurs du projet « travaillent » sur une population-cible. Mais, ici, tout le monde ira voir. Sans aucun doute quelques touristes y prendront-ils même un Coca Light entre deux photographies du matériau de couverture high tech employé pour mettre en œuvre ce qu'ils voient de l'intervention d'Arad : une rue intérieure - le mall - ondulante sur quelque 350 m et coiffée par une charpente métallique à double courbure, espèce de réseau irrégulier de lignes entrecroisées aux vides comblés par des panneaux en EFTE, ce fameux polymère que nous avons tous remarqué en parement de la piscine des derniers J.O. de Pékin.

Parce qu'en définitive, on peut se demander si la question n'est pas juste là : réussir un coup médiatique en associant le nom d'un créateur international à un édifice pour faire rejaillir sur ce dernier « amour, gloire et beauté ». On a même ici la très (très) nette impression qu'on a incrusté le travail de Ron Arad dans un complexe commercial préexistant et conçu selon les poncifs du genre : des grands volumes parallélépipédiques sans identité particulière. Il en va ici comme de la cerise sur le gâteau, du pin's au rebord du veston ou de la Rolex au poignet de Jacques Séguéla. On est dans l'ordre de l'ornement ; Adolf Loos 
[architecte autrichien, défenseur du dépouillement intégral dans l’architecture moderne.] doit encore se retourner dans sa tombe. Sans doute, le geste du designer anglais a de la singularité, surtout en front de Meuse, avec sa protubérance reptilienne de métal et de verre. Mais, ce n'est qu'un signal urbain pour indiquer au client qu'il est ici et pas ailleurs, et qu'ici le fromage de Herve, la gaufre au sucre, le boulet à la liégeoise ou le « sachet » de frites sont meilleurs et moins chers que plus loin. Rien de plus. Contrairement à ce que voudrait le communiqué de presse de Wilhelm & Co, il n'y a pas de quoi en faire un monument face aux bâtiments des Guillemins dessinés par Santiago Calatrava... et, Raymond Balau d'ajouter qu' « il se trouvera bien une Zaha Hadid pour jeter un pont habité et achalandé, de la gare au mall, tout en courbes voluptueuses, pour parachever le Grand-Œuvre à l'aide de fonds FEDER, car on pense à Bilbao » (op. cit.). Peut-être vaudrait-il mieux parfois penser à Liège ?"



Car oui, encore une fois, c'est le liégeois que l'on oublie sur l'autel de ce projet. La satisfaction d'un endroit de plus pour faire ses courses ne compense en rien les désagréments qui vont l'accompagner.

Un peu comme la foire de Liège qui nous sucre en croustillons un bon millier de places parking au profit des touristes et des forains et transforme en enfer le geste quotidien de déposer les enfants à l'école, un peu comme l'idée d'implanter le standard à Coronmeuse, tout à fait comme le refus de rendre le Palais de Justice aux Liégeois alors qu'on pourrait y avoir des terrasses dignes de la Place Saint Marc, et exactement comme l'obstination de nos "urbanistes" à ériger un nouveau Palais de Justice sur un site déjà trop petit le jour de son inauguration ou encore la chaîne de mauvaises décisions qui vont amener Saint-Joseph à déménager en périphérie, répétant l'erreur du CHU, alors qu'un hôpital doit être un service de proximité, ne fut-ce que pour y amener les urgences et pour l'accessibilité en transports en commun...

Liège a besoin d'élans, oui, mais d'élans réfléchis et d'une réelle valeur ajoutée. Oui, on parle d'un millier d'emploi et ce n'est pas négligeable. Liège en a besoin. Mais ce chiffre aurait été le même et la rénovation du quartier beaucoup plus réussie si l'on avait intégré ce projet dans une vision globale, plutôt que de s'arrêter à voir les deux rues qui l'entourent et le cash flow de Wilhelm & Co. (le promoteur, NDM)



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Publié pour le première fois en note sur facebook le 21 octobre 2009 - 10:02AM
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