20 June 2012

Ecolo, saborde toi !



L'écologie. Un mal qui répand la terreur. Mal que le ciel en sa fureur... Wesh non, c'est la pollution ça.
On nous dit qu'elle est partout et ce n'est pas faux. Une nouvelle peste qui empoisonne notre présent.
Et ne parlons même pas de notre futur. La planète souffre. De plus en plus de masses d'eau sont polluées. L'air lui-même est nocif dans beaucoup de mégapoles et même en dehors. Le réchauffement par effet de serre reste une inquiétude fondamentale. La possibilité de nourrir l'ensemble de la population, les destruction de forêts, les giga-cultures en Afrique et Amérique du sud, les sujets sont légion. Ils ne nous pardonneront pas.  Ils ne nous oublieront pas. 

Face à ces craintes est né le mouvement écologiste, dont le présence se traduit souvent par l'existence de partis éponymes. Ecolo, Groen, les verts (ils ne sont pas top originaux dans leurs patronymes, ok... )

A ce stade de la conscientisation, il m'apparaît que les avancées écologistes se font trop lentement. Il faut accélérer la cadence.

Et pour ce faire, je plaide pour que ces partis se dissolvent.

Leur présence est un frein à l'adoption de réformes réellement écologiques.
Pour plusieurs raisons.

Tout petit tout petit la planète

Ils n'ont pas réussi à devenir des partis généralistes.
Ecolo, en Belgique comme ailleurs, recueille des scores proches des partis confessionnels. Et c'est un signe.

L'écologie fait figure de profession de foi. Ses adeptes, convaincus, percent peu parmi les électorats qui veulent une politique plus fine, plus adaptées à toutes les réalités.
Un exemple est leur politique en matière de mobilité qui se résume plus ou moins à "sus à l'auto, haro sur l'automobiliste".
Si au passage on asphyxie l'activité économique des villes, ils s'en foutent et te répondent "les gens n'ont qu'à s'adapter. Si je roule en vélo tout le monde peut le faire". 

Car tout persuadé de sa vertu éminemment plus grande que celle du non pratiquant, l'écologiste méprise un peu parfois l'usager moyen...
Leur faire comprendre qu'il faut d'abord mettre en place des services alternatifs de mobilité puis, quand ceux ci sont installés, inciter les gens à les utiliser, est une notion bien difficile à faire passer.
Parce que le sentiment l'emporte sur la raison.

Pour cette raison, le programme économique d'écolo est donc une gageure.

Alibi-bi-bi j'en suis baba

Ils ne peuvent non plus prétendre rêver d'être un jour un parti leader de coalition et cela amène le défaut suivant :
Ils servent d'alibi aux autres partis qui n'adoptent que timidement les enjeux écologique.
La présence des verts au gouvernement se fait sentir par l'ajout d'un adjectif sur un plan marchal, par la nomination de ministres, et par des prises de position saupoudrées et mâtinées d'interventionnisme talibanesque vert.
Les partis traditionnels peuvent se contenter d'ignorer largement le sujet, en reprenant à leur compte l'une ou l'autre proposition plutôt timide qui leur donnera bonne conscience et l'image qu'ils cherchent. 
Sans convictions, ces réformettes n'apportent pas beaucoup d'eau propre au moulin de la sauvegarde de l'environnement. Elle retardent les vraies actions. 

Trop is te veel

En conséquence et sans s'en apercevoir, ils radicalisent contre l'écologie par leurs errances et prises de positions extrémistes.
On ne compte plus les sorties d'Henry qui crispent l'opinion et sont souvent prises en dépit du bons sens sur le plan de l'évolution de la société, même si elles adressent au passage un point écologique pertinent. 

Le parc éolion de Tinlot, les noyaux d'habitat, le tracé du Tram de liège, autant de points dont l'éclairage vert fausse une prise de position prise aussi bien à l'avantage des populations concernées que des enjeux écologiques.
Citons aussi même en vrac les écotaxes, une sortie non contrôlée du nucléaire, la rage taxatoire automobile des derniers accords, les discours culpabilisants...
Et que dire des milliards (2,5) prélevés dans la poche du citoyen pour payer les certificats verts du photo-voltaïque. On prend dans la poche de tous, dont les plus pauvres, pour financer le train de vie de ceux qui ont su se payer des panneaux. Et sans doute un milliard et demi pour l'éolien. Si ça c'est un idéal politique...
Ou encore les 700 millions d'euro de certificats co2 offerts à Mittal. On a vu le bien que cela faisait.

C'est pourquoi j'appelle Ecolo à cesser les frais.
Qu'ils se dissolvent.

Qu'ils rejoignent tous les formations politiques qui se rapprochent le plus de leur crédo et qu'ils les noyautent de l'intérieur pour faire percoler l'idéal écologiste dans tous les appareils.
Que l'écologie soit écoutée à l'intérieur de chaque parti, non comme une touche exogène qu'on rajoute sur le tard mais comme partie prenante d'une réflexion qui se frotte aux réalités sociales, urbanistiques, économiques.
Si l'écologie refuse ces confrontations elle restera une utopie !
Qu'elle soit pervasive et non le maigre dernier volet d'une négociation et quelques pâles victoires arrachées pour faire survivre un appareil particratique.

Ils sont majoritairement de gauche? Cela tombe bien, le paysage politique wallon aussi.
Et qui ne voyait pas Javaux au cdh? Deleuze au PTB? Henry au MR?

Cela faciliterait la création de coalitions, défragmenterait la gauche et entrainerait une diminution de l'argent reversé aux partis, ce qui devrait aller dans le sens de leur amour de la bonne gouvernance et de la bonne utilisation des deniers publics.
Et ça enlèverait ces soupçons qui disent qu'écolo est devenu un parti comme les autres, plus préoccupé de sa survie et de celle de ses mandats, que du bien commun.

Cela sauverait l'écologisme politique, et peut-être la planète.

Mesdames, Messieurs, Seppuku.